Pourquoi et comment fabriquer son pressoir à miel?

Cher(e)s members du forum,
 
Participez à la première discussion francophone du groupe d’échange apicole de l’année 2017 ! 
 
Les ruches traditionnelles (exemple : modèle Rwandais, modèle d'Oman,...) et les ruches à barrettes (type KTBH) représentent la grande majorité des ruches utilisées en Afrique. Dans le Kivu (RDC), par exemple plus de 90% des apiculteurs utilisent des ruches traditionnelles longiformes à rayons fixes. Il n’est pas rare également de rencontrer des apiculteurs au Cameroun possédants plus d’une centaine de ce type de ruches.
 
Lors de nos précédents échanges sur l’extraction du miel, divers techniques d’extraction et outils ont été proposés et décris de la plus simple à la plus complexe : 
  • Egouttage à petite et grande échelle ; 
  • Pressage à la main  ;
  • Utilisation d’un broyeur et d’un pressoir mécanique (verticale, horizontale,…) ;
  • Extraction par centrifugation (pour les ruches à cadres).
 
Pour les apiculteurs amateurs qui agrandissent la taille de leur exploitation, le pressage à la main et l'égouttage dans un seau n’est en effet plus suffisante. Afin d’améliorer leurs pratiques, le pressage avec un pressoir mécanique peut être proposé. Mon intérêt pour cette discussion provient des demandes reçues de certains de nos confrères souhaitant professionnalisé leur exploitation apicoles sans devoir nécessairement changer leur modèle de ruche. L’idée est également que l’investissement ne soit pas trop élevé et que les apiculteurs soient le plus autonome possible afin de ne pas dépendre de matériaux couteux provenant de l’extérieur. 
 
Il existe différents modèles : en bois, en metal, en ronde ou encore en carré.
La taille du pressoir est très importante et dépendra principalement de la taille de l’exploitation apicole (ou du nombre de ruches par rucher). De nombreux autres facteurs sont également à prendre en compte pour la fabrication et l’utilisation d’un pressoir tel que : le choix des matériaux, la technique et le temps de pressage, le rendement d’extraction et le nombre de pressage possible par jour, etc. C’est sur ces éléments que nous allons échanger nos expériences. 
 
Mais tout d’abord : “Comment utiliser un pressoir ? Quelles sont les avantages et inconvénients,…?” Je vous invite à démarrer les échanges en essayant d’apporter des éléments de réponse aux questions de cette 1ère phase de discussion : 

Utilisation du pressoir pour la récolte de miel : 

  • Avantages et inconvénients du pressage (qualité)?
  • Faut-il placer les rayons entiers ou les rayons préalablement découpés ou broyés dans un seau ?
  • Rappel des bonnes pratiques d’hygiène à respecter 
  • Quel est le temps de pressage permettant d’obtenir de meilleurs rendements ?
  • Que faire avec les résidus de cire comprenant encore du miel
  • Quelle taille de pressoir utilisé ?
 
La discussion va débuter dès ce jeudi 09 février avec la description d’un modèle de pressoir de base. Partager votre expérience et vos interrogations sur le sujet.
Cette discussion est ouverte à toute personne intéressée par le secteur apicole. Merci de brièvement vous présenter lors de votre première intervention, ainsi que d'utiliser un vocabulaire simple et détaillé afin que même les non-praticiens souhaitant se lancer en apiculture puissent intervenir.
 
Nous aborderons ensuite les aspects techniques liés à la fabrication d’un pressoir lors du lancement de la 2ème phase : fabriquez votre propre pressoir !
  • Partage de plans et modèles de presse
  • Comparaison entre différents modèles
  • Partage d’expériences testées sur le terrain, conseils,…
  • Quels matériaux choisir : avantages et inconvénients ?
 
Je vous remercie d’avance de votre implication ! 
Elsa

Comments

Bonjour et bienvenu à tous! Trouvons des réponses ensemble à cette question : "Pourquoi et comment fabriquer son pressoir à miel?.                                                                                                                                                                                              Pour rappel, l’extraction du miel représente l’action qui consiste à séparer le miel des rayons de cire dans lequel le miel a été stocké par les abeilles dans la ruche. Un des moyens est d’utiliser un pressoir. En pièce attachée, vous trouverez l’illustration d’un modèle cylindrique en bois et en acier. Je souhaite démarrer cette discussion par une description générale d’un pressoir qui est composé :  

  • Une cage (souvent appelé une claie) constituée d’une série de barres en bois légèrement espacées pour laisser couler le miel qui sera pressé ;
  • Une tige centrale en forme de vis (vis en acier) ;
  • Une tête de serrage avec une tige d’actionnement à cliquet (ici) ou non ;
  • Des demi-lunes et des cales à ajouter au fur et à mesure du pressage

 L’intervention de nos experts pour cette 1ère phase de la discussion devraient pouvoir répondre aux questions de l’utilisation du pressoir pour la récolte de miel :

--> Quels sont les avantages et les inconvénients par rapport à l’égouttage et le pressage à la main? Faut-il placer les rayons entiers ou les découpés, les broyés dans un seau au préalable ? Comment faut-il procéder étape par étape après la récolte des rayons de la ruche (rappel des bonnes pratiques d’hygiène). Quel est le temps de pressage permettant d’obtenir de meilleurs rendements ? Que faire avec les résidus de cire comprenant encore du miel 

 Cette discussion est ouverte à tous ! N’hésitez pas à poser des questions, nous ferons du moins possible pour y répondre. 

Images: 
Jacques Eymery's picture

Bonjour,

Ces dernier temps j'ai échangé avec Gilles Ratia président d'API-MONDIA et créateur du site fabuleux d'apiservice sur la valorisation du miel.

Pour nous, et pour les vrais amateurs de miel, la qualité du miel variable :

la brèche,(appelé aussi miel en section) miel en rayon donc avec sa cire, le meilleur!!!

Le miel de préssage qui contient moins de cire mais garde tous les parfums et saveur du miel en rayon

Enfin le miel centrifugé : le brassage et la trop forte ventilation lui font perdre beaucoup de ses qualités goût et parfum.

La valorisation du miel (son prix commercial) varie donc en fonction des conditions de récolte et de commercialisation,

par exemple je vends ma brèche trois fois plus cher que mon miel en pot extrait par centrifugation.

Alors échangeons sur l'intérêt du miel de préssage et sur les moyens de l'obtenir en fonction de la taille de nos ruchers, de nos moyens matériel et financiers, les solutions sont multiples à nous de produire une miel d'excellence.

Le miel de préssage peut être obtenu quelque soit le type de ruche à cadre, kényane etc...

bonjour  tous , moi  Noel Comlan AHONONGA , agronome de formation , spécialité Protection des Vegétaux , Président de Initiatives pour le Développement Durable(I2D-BENIN ONG) qui forme les agriculteur -apiculteurs aux techniques apicoles responsables, nous appuyons aussi les familles et les écoles dans l'installations des jardins familiaux et scolaires agro écologiques. Nous avons plus de 6ans d'expérience dans la formation apicole, l'installation et la surveillance des abeilles. Nous travaillons surtout avec les ruches kenyannes     

la presse permet d' avoir une quantité importante de miel , c'est à dire la cire est bien vidée et le miel garde sa qualité de base surtout l'arome des plantes   

Images: 

Bonjour,

Avant e parler du mode d'extraction du miel, je voudrais apporter quelques précisions au sujet de la ruche KTBH ou kenyane.Tout dabord je vais encore le répeter une fois de plus au risque de choquer quelques personnes mais j'en ai l'habitude, l'apiculture tropicale est bien différente de ce que nous connaissons en Europe car les abeilles Africaines ont des comportements que nous ne connaissons pas avec nos différentes races d'abeilles. Je ne prétends pas tout connaitre sur ces abeilles car en les ayant observé durant des années  et surtout en ayant travaillé avec en Afrique il y a des comportements que je n'ai pas compris, comportements qui varient d'un pays à un autre, c'est assez déroutant car à chaque fois il faut tout remettre en question ce que l'on croyait fondé. C'est pour cette raison qu'il y a tant d'échecs partout en Afrique  quand on veut apporter nos méthodes et nos ruches mais il semblerait que nous n'ayons pas encore compris cette chose. Une chose importante également c'est de parler avec les habitants qui ont l'habitude de leurs abeilles et de leur comportement, il ne faut pas arriver en Afrique avec nos méthodes et les imposer comme si c'était les meilleures car c'est l'échec assuré dans les mois qui vont suivre. Les abeilles Africaines n'aiment pas beaucoup nos ruches à cadres c'est une réalité que j'ai pu vérifier tout au long des années vécues sur place, j'ai eu moi même beaucoup d'échecs avec ces ruches sans trop en comprendre les véritables raisons. Les ruches traditionnelles sont bien acceptées mais la récolte est fastidieuse et il est impossible de visiter l'état de la ruche correctement. Durant quelque temps j'ai observé les abeilles dans les ruches kenyanes qui sont nombreuses en Afrique leur pays d'origine et j'ai constaté qu'il n'y avait pas trop de problèmes avec ce type de ruche qui est un bon compromis entre les ruches traditionnelles et les ruches modernes, la récolte est bonne et la visite facile à condition de respecter les dimensions d'origine car j'ai vu un peu n'importe quoi. C'est avec cette ruche que je me suis aperçu que le miel pressé se conservait mieux que le miel centrifugé et gardait ses qualités organoleptiques. Si les ruchers sont fixes c'est une bonne ruche mais si les ruchers transument c'est différent car elle est lourde et encombrante , seul c'est impossible à la déplacer à moins d'avoir du matériel de levage ce qui n'est pas le cas dans les villages d'Afrique. J'avais une idée mais je ne l'ai jamais mis en application et c'est noptre correspondant Christophe Fonge qui sans me connaître l'a mise en application avec succès en présentant deux systèmes, aujourd'hui c'est cette ruche que je recommande pour l'Afrique. Cette ruche ayant fait l'objet d'une description complète dans les précédentes discussions TECA, il est inutile d'y revenir ici.

La  prochaine fois je parlerai des pressoirs et des presses

 

                                                                                                                                                         J.TURCHET

Bonjour à tous!

Merci de vous êtes présentés et de nous accompagner tout au long de cette discussion.Merci Jacques T. pour cette introduction et pour nous avoir partagé votre expérience en Afrique avec les différents modèles de ruches que vous avez testé. La question de la transhumance est aussi un sujet intéressant. Nous ne les aborderons bien évidemment pas ici, mais je vous invite à proposer ces sujets dans la discussion prévue « Proposez vos idées et sujets de discussion ! ».

Nous allons ici nous centrer sur l’utilisation d’un pressoir à miel.En effet, l’extraction du miel par centrifugation, oxyde plus le miel que par pressage. C’est pourquoi, le miel perd une partie de ses arômes après centrifugation. Il reste cependant de bonne qualité. Jacques E., vous parlez de miel vendus en rayon (sous forme de brèche), pourriez-vous l’illustrer dans la discussion parallèle « Conditionnement du miel - une valeur ajoutée ».

 

Bonjour à tous!
Je suis passionné d'apiculture à ruche de synthèse, ce qui me donne l'obligation d'utiliser un extracteur et ou un pressoir à miel qui a aussi son protocole de travail.
A mon sens,tout dépend des matériels que l'apiculteur a sous la main sans vouloir revenir sur le débat entre miel centrifugé et le miel pressé.
Les pressoirs,j'en vois de plusieurs modèles et je pense que l'essentiel, c'est d'avoir un de bonne qualité ,durable et susceptible d'aider l'apiculteur à produire moins d'efforts physiques.
Merci et à bientôt !!!!!

Serge, Bonjour

Des pressoirs en Afrique j'en ai vu beaucoup, des biens et des moins biens tout dépend de ce que l'on cherche, si c'est pour faire quelques kilos de miel pour la famille et quelques voisins c'est assez simple mais si on désire commercialiser le miel c'est un peu différent car deux facteurs sont impératifs: la qualité et la présentation du miel, le deuxième facteur est aussi important que le premier. Le miel  présenté sur le marché doit être irréprochable car la mauvaise publicité est plus vite faite que la bonne. Un pressoir à miel ne doit pas être réalisé n'importe comment, il faut respecter certaines règles pour obtenir un produit de qualité. On ne peut pas tout faire soi même et en Afrique il y a de petits artisans du fer ou du bois qui travaillent très bien et qui réalisent très bien ce qu'on leur demande, j'ai souvent utilisé leur service. Je travaille sur les différents types de pressoirs qui peuvent être réalisés à peu de frais sur place les résultats seront publiés dans les prochains commentaires. Vous et vous seuls devez faire le choix du pressoir ou de l'extracteur car vous connaissez maintenant les avantages et les inconvénients des deux systèmes nous en avons débattu dans les commentaires ultérieurement.

Le gros problème en certaines région d'Afrique éloignées des grandes villes c'est de trouver des emballages présentables et pas coûteux, encore une tout dépend du budget de l'apiculteur, je sais que ce n'est pa simple car j'y suis passé et j'ai souvent eu chercher ce que je voulais. Pour les étiquettes ce n'est pas un problème car il y des petites imprimeries qui travaillent très bien à des prix raisonnables et on peut toujours trouver un arrangement.

                                                                                                                                    J.TURCHET

 

 

Merci Jacques,
Tu as bien fait ,peut-être par anticipation de créer le lien entre l'extraction de miel et sa présentation, c'est très intéressant d'apporter de la lumière là dessus, car il est possible de ne pas pouvoir bien présenter dans le marché un miel pourtant pressé dans de bonnes conditions hygiéniques.
Encore merci à toi Jacques !!

Jacques Eymery's picture

Bonjour Serge,

Fais attention tu as maintenant deux Jacques sur le thème.... Tant pis je prends quand même les remerciments pour moi !!!!

J'en profite pour vous poser une question à tous les deux : est ce qu'en Afrique le miel est consommé même s'il reste quelques petits débris de cire ou faut il un miel parfaitement filtré?

Personnellement je préfère la présence de débris de cire car le mélange des saveurs : petits restes de proposlis, cire et miel donnent des saveurs incomparables!

De plus le filtrage trop important conduit à une ventilation supérieure du miel donc à une perte de saveurs ce qui est le problème de la centrifugation.

Donc perte de parfum et de gôut ce qui constitue, comme le dit notres ami Jacques les qualités organoleptiques...

Merci Jacques Eymery,
Pour moi,le marché a ses exigences, tout dépend des clients, ceux qui veulent du miel à tartiner dans le bout de pain( bien filtré)et ceux qui font une commande spéciale de miel + cire pour mâcher.
Donc,personnellement, j'ai pas de favori particulier là dessus,c'est vrai qu'au Cameroun, la plupart des vendeurs de miel de brouettes présentent un miel disposant des débris de cire,des morceaux d'abeilles, ailes et tout ça pour prouver que c'est du bon produit qui même parfois,est exposé au soleil, ouvert et à la merci des poussières de nos rues,le tout conditionné dans des emballages, recyclés, mal lavés, mouillés etc.....
Cependant, je pense,nous,apiculteurs de la génération qui prétend proposer une approche un peu plus digne d'un produit de luxe qu'est le miel,avons le devoir d'affronter les exigences du marché. A mon sens,c'est un avantage et ça ne doit en aucun cas être un autre procès entre les miels à débris, centrifugés, pressés et autres qui viendrait fragiliser notre dynamique.....
Bien à vous.........

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