Débat ouvert sur les méthodes d'extraction du miel : Pressage, égouttage ou centrifugation?

Bonjour à tous,

Les échanges autour des systèmes apicoles utilisant différents modèles de ruches et méthodes d'extractions, à savoir :

  • Les ruches traditionnelles à rayons fixes sans cadres ni barrettes - extraction par égouttage ou pressage ;
  • Les ruches intermédiaires (ou semi-moderne) avec barrettes : du type kenyane (KTBH), ruche « La grande »,… - extraction par égouttage ou pressage ;
  • Les ruches modernes à cadre comprennent un corps de ruche et des hausses à cadre : exemple de la langstroth, dadant,... - extraction par centrifugation,

Succites de nombreux débats.

Le débat sur les méthodes d'extraction du miel a denouveau été soulevé lors de la discussion présentant un modèle de ruche intermédiaire créé au Cameroun : la ruche Fonge. Comme le sujet est régulièrement soulevé, j'ouvre cette discussion afin que nous puissions en échanger librement et que vous puissiez exprimer votre avis personnel dans le respect de chacun.  

N'hésitez pas à partager votre expérience de terrain sur les méthodes d'extraction du miel que vous utilisez

Bien à vous,

Elsa

Comments

lun, 24/10/2016 - 12:15

Bonjour, Serge

Oui c'est un choix à faire mais le miel riche en oxygène se conserve moins bien que celui obtenu par pressage surtout en Afrique avec la chaleur.

Il est certain que pour obtenir un rendement égal à celui de l'extracteur, il faut un pressoir moderne à cliquets, avec la presse à vis le rendement est supérieur à l'extracteur.Les cadres de hausse dadant peuvent très bien être extraits à la presse à condition de ne pas mettre les fils ce qui n'est pas plus mal car on récupère la cire et les abeilles reconstruisent des rayons neufs à leur convenance. Les abeilles possèdent des glandes cirières qui doivent servir car elles peuvent satrophier c'est une chose bien connu, personnellement je fais toujours construire des nouveaux rayons  depuis longtemps.

En Afrique si vous pouvez acheter des tourelles de pressoir à cliquets la construction du pressoir est facile mais il faut trouver des tourelles.

Cette année, je pense que je vais investir dans une presse à vis pour ne faire que cette qualité de miel tèes demandé par les clients. Ce qui reste aussi important c'est la double filtration pour un miel de qualité.

                                                                                                                                         

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mer, 26/10/2016 - 09:10

Mon cher Jacques,

Je crains que le débat sur l'oxygénation de miel issu de la centrifugation ne prenne le dessus sur la question du développement de l'apiculture en Afrique.A mon sens,les ruches doivent porter des cadres avec fil ou des barrettes et non des cadres sans fil qui donneraient l'impression aux apiculteurs africains d'un travail (de montage de cadres) encore plus complexe et sensiblement inutile lorsqu'il faut encore détruire des rayons de cire bâtis.En utilisant simultanément le pressoir et l'extracteur, je pense que les miels centrifugés doivent simplement subir une" maturation prolongée "par rapport aux miels pressés. Dans ce cas bien,il faudrait avoir un maturateur de bonne qualité.

Vous savez? Un pays comme le Cameroun a des difficultés à positionner le miel qui correspond exactement aux critères définis par les normes sur les produits alimentaires au risque de léser les apiculteurs des autres régions.Miel Maya Honey ( MMH) le sait,le miel le plus produit et le plus vu dans nos marchés se positionne pourtant dans le critère accepté sur la teneur en eau(17%): c'est le miel de notre grand nord,qui en grand nombre,possède une petite odeur de fumée. Pendant qu'à la même période de récolte, le miel du sud du pays contient une teneur un peu plus élevée.Les apiculteurs savent aussi que le miel mûr de certaines plantes ne respecte pas forcément les canaux internationaux sur la teneur en eau et autres critères.

Mon cher Jacques, ne perdons pas de vue que la saison sèche du sud du Cameroun jusqu'au Gabon par exemple s'étale de Décembre à mi- mars et que les abeilles ont des difficultés à reconstruire les rayons de cire issus des récoltes de début Mars(Quand les pluies reviennent).

Aussi,en prenant comme référence, ceux qui ont pris de l'avance dans les projets industriels, il me paraît important de rappeler à nos collègues que l'apiculture occidentale a pris son essor dès le début du 19e siècle avec l'invention des ruches à cadres et l'apparition des centrifugeuses ,non pas parce qu'elles s'appellent" ruches modernes",mais parce-que les scientifiques nous disent que la colonie doit consommer près de 10 kg de miel pour produire 1 kg de cire utile.Par conséquent,je pense que le développement de notre apiculture dépendra aussi de notre capacité d'adaptation.Serge. !!!! 

 

 

Bonjour, Serge

Je comprends ton raisonnement pour les cadres mais les abeilles préfèrent les alvéoles qu'elle construisent elles même

que les alvéoles toutes construites de l'année d'avant, j'avais déjà constaté ce phénomène depuis longtemps c'est pour cette raison qu'en Afrique je travaillais qu'avec des KTBH.

En ce qui concerne le miele obtenu par l'extracteur et celui obtenu par la presse, en ce qui me concerne je ne vais que le récolter par la presse car les clients préfèrent celui là car ils eu vite fait la différence et même s'il est un peu plus cher mais je laisse à chacun le droit de choisir son système d'extraction.

Pour revenir à un sujet plus important: La désertion des ruches. J'ai constaté depuis longtemps que les abeilles Africaines n'aiment pas beaucoup les ruches à cadres et j'ai remarqué qu'elles beaucoup plus dans les ruches à cadres que dans les ruches à barrettes. Pour piéger les essaims, je pendais des ruchettes KTBH dans les arbres , l'essaim  s'y installait et comme je n'avais pas toujours le temps de les transvaser, l'essaim pouvait rester une bonne semaine sans déserter. Je pense que c'est ce problème de cadres qu'il les gènes . Il serait intéressant que tu puisses vérifier ce problème sur place si tu as les deux types de ruches en service car c'est important pour la suite. Avec les KTBH, j'ai toujours fait des récoltes supérieures aux ruches à cadres. Comme je l'ai déjà écrit, en Afrique j'ai fait pas d'expériences surtout avec les ruches car j'ai toujours préféré étudier les abeilles dans la nature . 

                                                                                                                                           J.TURCHET

                                                                                                                                               

 

mar, 01/11/2016 - 10:26

Mon cher Jacques, Bonjour,

J'ai l'impression que je n'ai pas l'entièreté de votre intervention, parce que je lis la dernière phrase "... Je travaillais qu'avec les KTBH......"Si j'ai compris le début de texte, vous parlez du renouvellement des alvéoles ou rayons de cire et que vous préfériez travailler avec les KTBH.Effectivement, le corps de ruche Fonge se récolte ( prélève) en début de saison apicole( début de saison sèche) pour permettre le renouvellement rapide des alvéoles dans les jours qui suivent.Il faut attendre le début de la saison apicole parce que ce petit stock de miel est ce qui reste de la quantité qui a supporté la période de disette des mois de Juillet,Août,Septembre,voire Octobre.Il s'agit aussi de prélever juste quelques 2 ou 4 barrettes sur les 11 qui sont sensées porter tout le couvain, aussi, le nombre de rayons à prélever dépend de chaque colonie.C'est bien différent des récoltes de mars- avril d'où les pluies ont commencé dès début ou mi- mars et se poursuivent jusqu'en juin ou parfois juillet- août comme c'était le cas cette année.A bientôt......

 

mar, 01/11/2016 - 15:16

Bonjour, Serge

Je reprends ce problème d'extraction, tu propose de laisser le miel centrifugé en maturation plus longtemps, je l'ai fait mais je n'ai pas trouvé de résultat acceptable, personnellement je ne pense pas que ce soit la solution idéale et pourtant je l'ai fait sur plusieurs années avec des temps de plus en plus long.

Les scientifiques prétendent qu'il faut dix kilos de miel pour faire un kilo de cire ceci n'a jamais été prouvé indiscutablement car ce sont des bases mathématiques mais les abeilles fonctionnent avec la nature. C'est un peu le reproche que je fais à la science d'étudier et de conclure en laboratoire, personnellement je préfère étudier le comportement dans la réalité sur le terrain. Ce problème je l'ai examiné  en observant combien de temps les abeilles mettaient pour remplir les cadres d'une hausse comprenant qu'une amorce de cire et j'ai toujours été surpris de la vitesse réalisée par les abeilles pour le faire. Je doute fort qu'en si peu de temps les abeilles consomment beaucoup de miel. Si tu veux contrôler tu peux facilement faire l'expérience pour la saison prochaine et nous donner ta conclusion.

Quand je vois les récoltes que font ces deux apicultrices de l'ouest de la France  avec leur presse à vis et bien je me pose beaucoup de questions sur la rentabilité de l'extracteur mais je ne veux rien imposer et je laisse chacun libre de la méthode d'apiculture qu'il désire pratiquer.

N'oublions surtout pas une chose la rentabilité des abeilles ne peut être gérée avec un ordinateur car ce sont des créatures  vivantes qui travaillent à leur rythme biologique, au rythme  des saison, au climat, au terroir et la flore locale. On peut pousser la production par des artifices mais on va vite épuiser les abeilles et la reine comme c'est le cas avec les vaches laitières actuellement où les fermes deviennent des usines de production sans aucun respect de la nature. En Afrique vous avez encore la chance de pouvoir travailler naturellement en respectant la nature c'est un privilège que vous devez garder.

La meilleure école c'est l'expérience, il vous est facile de travailler avec des ruches à cadres et des ruches à barrettes, vous pourrez ainsi constater ce qui fonctionne bien et pas bien, quel type de ruche les abeilles préfèrent et en tirer une conclusion.

 

 

mer, 02/11/2016 - 07:37

Merci mon cher Jacques,

Vous avez bien fait de reprendre votre argument, moi,Serge Ayangma, j'utilise simultanément un pressoir à miel et un extracteur manuel ,je suis de la région du centre Cameroun. Vous réalisez ? A ce 02 novembre 2016 ,il continue à pleuvoir, en simulant que les pluies s'arrêtent le 20 novembre et reprennent le 1er Mars,le temps sera trop court pour réaliser certaines récoltes dans des grandes ruches.Les grandes ruches KTBH seront à 50% de miel, 50% de couvain sur la majorité des rayons de cire,pourtant, vers fin Mars, la majorité de ces alvéoles devraient être chargés à 100% de miel.Cependant, dans ma zone,il y a une forte présence de miel brun d'epatorium odoratum en fin janvier ( très prisé par la plupart de mes consommateurs), qui doit être prélevé dans des cadres chargés à 100%, pendant qu'à la même période, les rayons de couvain des KTBH possèdent le même miel sur des rayons chargés à 50% de miel et 50 ou 40% de couvain .Un couvain qu'il faut sacrifier si l'on veut récolter ce miel là.Dès février,du miel un peu plus sombre des manguiers et safoutiers intègre la ruche,pendant que certains de nos clients ont une préférence pour certaines gammes de miel.Chez nous,dès avril- mai,les abeilles ne construisent plus les alvéoles de cire à la même vitesse qu'en décembre, janvier ou février. En utilisant aussi simultanément des ruches à hausses à barrettes et des hausses à cadres ,dont la première récolte peut se réaliser le même jour( fin janvier par exemple), je constate une nette difference de rendement et d'intervalle de jours à la récolte suivante.Je vous invite à vérifier cela,je n'ai rien contre l'utilisation des pressoirs car j'en ai aussi, ils conservent bien l'arôme de miel durant l'extraction comparativement au miel centrifugé dont l'arôme se perd un peu dans l'air,ça se ressent bien.Nous devons même former nos apiculteurs à l'utilisation des pressoirs parce-que la majorité n'en ont pas chez nous en Afrique.Autre chose,le nord du Cameroun possède une saison sèche légèrement plus longue que la nôtre du sud,par conséquent,la question de la taille de la KTBH,voire des ruches traditionnelles en paille ne se pose pas forcément avec la même acuité.Aussi, je pense que le nombre de jours de miel en maturation dépend du taux d'humidité contenu.A plus....

 

Bonjour à tous,
En 2012,j'ai pris part à une session de renforcement des capacités des producteurs apicole dans une région tempérée du Cameroun,nous avions expérimenté deux méthodes d'extraction du même stock de miel: le pressage et l'égouttage.Le résultat du refractometre donnait le lendemain matin,les informations suivantes sur ce qui était du taux d'humidité :
-Miel pressé : 18%
-Miel égoutté ( bien) fermé : 18%
-Miel égoutté ouvert:24%
Ces résultats me font penser que le miel égoutté peut être de bonne qualité, lorsque certaines mesures sont bien respectées. Aussi, le procédé paraît être très lent surtout lorsqu'il y a une exigence de temps.Je n'ai pas encore repris l'expérience dans la zone chaude du pays pour m'exprimer sur la question. Je voudrais donc savoir si nos amis de l'Afrique chaude peuvent nous apporter leurs expériences là dessus.
Bien à vous........

Bonjour, Serge

 

A la lecture de votre dernier mail, vous renforcez mes conviction qu'il n'y a pas d'apiculture standard en Afrique  car suivant la situation géographique, les saisons, la flore locale, les races d'abeilles il faut adapter les méthodes  de conduite des ruchers, je suis convaincu depuis longtemps de cette réalité, j'ai vécu dans plusieurs pays d'Afrique et chaque fois j'ai constaté ce problème. Notre vision Européenne  de l'apiculture ne fonctionne pas en Afrique, c'est ce que je répète depuis des années.

Ce n'est qu'avec vos expériences, vos réussites et vos échecs que l'on pourra établir quelque chose de positif. Je vous ai demandé si vous avez constaté plus de désertion avec les ruches à cadres qu'avec les ruches à barrettes, moi c'est ce que j'ai pu constater et j'aimerai bien avoir des avis sur ce point afin de retravailler ce problème.

J'ai déjà évoqué l'utilisation positive du pollen des rayons pour les carences protéiques( marasme et kwashiorkor) ça fonctionne bien et c'est naturel, pensez développer ce produit dans l'avenir ainsi que l'extrait de propolis pour les blessures.

                                                                                                                                                  J.TURCHET

 

Serge, je reviens sur un point que vous citez: le problème de l'humidité que j'ai oublié de parler, oui bien sur celà représente encore une réalité à prendre en compte pour certain pays d'Afrique  au climat chaud et humide contrairement à l'Afrique subsaharienne où nous n'avons pas ce problème. Dans les régions humides, il est certain que la décantation par maturation doit être la plus courte possible pour éviter la fermentation, c'est pour cette raison que je recommande une double filtration à la sortie de l'extracteur ou du pressoir afin de purifier au maximum le miel et réduire la maturation au maximum. Le miel est un produit très hygroscopique qu'il faut pratiquement pas laisser à l'air libre une fois extrait. Personnellement, j'ai toujours pratiqué cette double et même parfois triple filtration en Afrique centrale. Les pots qui reçoivent le miel doivent être parfaitement propres.

Ceci prouve encore une fois la spécificité de l'apiculture tropicale et j'ajouterais la difficulté car ce n'est pas toujours simple, j'en sais quelque chose.

                                                                                                                         Bon courage

Jacques Eymery's picture

Bonjour,

Le miel extrait sans centrifugation ni chauffage est valorisé par rapport aux autres.

C'est la même chose s'il est commercialisé en brêche (ou rayon ou en section) avec une importante plus value et une mondre manipulation....

Par pressage : ne pas hésiter à laisser quelques débrits de cire dans votre miel, la présence de débrits de cire confirme le côté naturel de votre miel mais ces débrits lors de la consommation donnent, en bouche, des saveurs superbes (pour les vrais amateurs!) Saveurs que l'on retrouve avec les brèches.

Personnellement je me simplifie les choses, je prends ma barrette de Kényane, je la pose à l'envers bois posé sur la grille) sur une grille au dessus d'un plat, je désopercule avec un couteau très affuté, une griffe ou, tout simplement une fourchette, 

Je laisse le miel s'écouler, quand c'est fait je reprend ma barrette et je la remet en place dans la ruche. Au bout de quelques heures les alvéoles abimées sont réparées, le miel restant léché et les abeilles recommencent à les remplir 

Rien ne se perd vous retrouverez le miel léché à votre prochaire récolte....

 

A bientôt

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