Amélioration du stockage du maïs (Zea mays L.) dans des greniers en présence de plantes biopesticides de Lippia multiflora (thé de savane) et Hyptis suaveolens (sosso tanan) en Côte d’Ivoire

Résumé

La protection du maïs stocké à l’aide de produits alternatifs biodégradables et non nocifs à la santé et à l’environnement mérite d’être valorisée afin de limiter la dépendance des producteurs à l’utilisation des pesticides chimiques pour la protection des stocks de maïs. Une combinaison de feuilles de Lippia multiflora (thé de savane) et Hyptis suaveolens (sosso tanan, en langue malinké qui signifie « totem des moustiques ») a été utilisée pour son effet protecteur sur le maïs en épis et en grains stocké dans des greniers améliorés. Le but est de proroger la durée de conservation du maïs à l’aide de biopesticides dans un abri hermétiquement fermé, protégeant ainsi le maïs des nuisibles et des intempéries. La technologie suivante explique en détail les principes de la technique de stockage du maïs à l’aide des plantes biopesticides Lippia multiflora (thé de savane) et Hyptis suaveolens (sosso tanan) et fournit un guide, étape par étape, sur la construction d’un grenier amélioré pour le stockage du maïs.

Description

1. Introduction et contexte

Le grenier généralement utilisé pour le stockage du maïs en Côte d’Ivoire est un grenier en terre battue couvert d’une coiffe en paille et isolé de l’humidité du sol en le reposant sur des pierres. Dans le cadre du projet PPAAO/WAAPP Côte d’Ivoire, une version améliorée du grenier traditionnel a été testé afin de permettre un stockage de longue durée du maïs. L’utilisation des biopesticides Lippia multiflora (thé de savane) et Hyptis suaveolens (sosso tanan) a également été testée afin de réduire la dépendance des producteurs des produits chimiques et d’en réduire les effets négatifs sur la santé et l’environnement.

Le grenier amélioré et l’utilisation des biopesticides thé de savane et sosso tanan ont été testés avec de bons résultats avec les agriculteurs de la jeune coopérative du village de Djédou. Dans cette fiche technique nous allons d’abord décrire la construction du grenier amélioré et ses bénéfices. Ensuite nous allons expliquer comment le stockage de maïs dans des greniers peut être prolongé par l’utilisation de 2 plantes biopesticides localement disponibles.

2. Le grenier amélioré

Le grenier traditionnel couramment utilisé est une structure cylindrique en terre battue (Figure 1), reposant généralement sur une plate-forme en branchages, soutenue par de petites pierres. Une toiture en paille recouvre le corps de ce grenier. Généralement une ouverture est aménagée à la partie supérieure du grenier pouvant laisser passer un homme qui joue les rôles de chargement et de déchargement du maïs. Ces opérations, qui nécessitent de fréquentes descentes des agriculteurs dans le grenier traditionnel, favorisent la cassure de ce dernier. De plus, le maïs est entreposé en vrac à l’intérieur du grenier soit sous forme de grains, sous forme d’épis ou sous forme de spathes.

L’amélioration du grenier traditionnel réalisée a consisté en: (i) une couverture hermétique du grenier à l’aide d’une bâche en polyéthylène ; (ii) la surélévation du grenier du sol afin d’éviter l’humidité et l’attaque des rongeurs ; (iii) l’ajout des plantes biopesticides ; et (iv) l’installation d’une toiture en paille ou en feuille de palmier à huile (Elaeis guineensis) au-dessus de la bâche pour protéger son étanchéité. Le grenier amélioré dispose, en outre, d’ouvertures de vidange permettant d’effectuer le déstockage du maïs en épis et en grains avec plus de facilité sans monter sur la structure. Ces ouvertures de vidange sont fermées étanchement de façon à éviter une reprise en humidité du maïs stocké. Les greniers améliorés ont une durée de vie de 5 à 10 ans environ s’ils sont bien entretenus et une capacité de stockage comprise entre 2 et 4 tonnes. Les grains et épis de maïs se trouvent ainsi protégés des déprédateurs, de la pluie et du soleil.

Figure 1 : Grenier traditionnel utilisé pour le stockage du maïs

2.1. Matériaux nécessaires pour la construction du grenier amélioré

Pour la construction d’un grenier d’une capacité de 2 tonnes, il faut les matériaux suivants :

  • Une terre argileuse (terre de termitière, de préférence)
  • 10 à 12 branches de bois solide de bonne qualité mesurant en moyenne 5 à 10 cm d’épaisseur, 25 à 30 cm de largueur et 0,8 à 1 m de longueur
  • 4 blocs de pierres
  • Des pailles communément appelées « niangnien » en malinké de nom scientifique Andropogon tectorum
  • 2 à 4 m de fil (cordes en nylon d’épaisseur 0,5 cm)
  • Une machette
  • Toiture en paille ou en feuilles de palmier à huile (Elaeis guineensis)
  • Deux boites cylindriques de 15 cm de diamètre et 10 à 12 cm de hauteur 
  • Bâche de couverture étanche du grenier

2.2. Description séquentielle de la construction du grenier amélioré

Le grenier d’une capacité de 2 tonnes possède les dimensions suivantes : un diamètre moyen de 3 m et une hauteur moyenne de 1,5 m. Le grenier peut être construit soit sous une forme cylindrique ou soit sous une forme rectangulaire selon les habitudes des agriculteurs comme suit (voir étapes de construction en image en pages suivantes) :

  1. Trouvez un espace autour de la cour, facile d’accès et loin des zones de passage ou de stagnation d’eau et des latrines (Figures 1 et 2);
  2. Dégagez l’endroit afin d’avoir un espace d’une superficie d’environ 4 à 5 m2 et être à l’aise pour la suite des opérations, c’est-à-dire pour la construction du grenier (Figure 2);
  3. Niveler le terrain et placer les pierres de sorte à former un carré d’une surface de 2 m2 (Figure 3);
  4. Extraire par avance et en quantité, de la terre argileuse (terre de termitière de préférence ou encore terre rouge) du sol à l’aide d’une houe (Figure 4);
  5. Pétrir la terre extraite avec de l’eau pour obtenir de la terre battue sous forme argileuse (Figure 5);
  6. Former ensuite des blocs de terre battue en vue de la construction du grenier (Figure 6);
  7. Construire la base du grenier (plate-forme) sous forme carré d’une surface de 1 à 1,25 m2  surélevée par de grosses pierres et les branches de bois solides en déposant les branches de bois sur les pierres (Figure 7);
  8. Recouvrir les branches formant la base du grenier à l’aide de cette terre battue (Figure 8);
  9. Aménager deux ouvertures circulaires opposées de 15 cm de diamètre dans la partie inférieure du grenier qui feront office des ouvertures de vidange (Figure 9);
  10. Monter le corps du grenier à l’aide des blocs de terre battue (Figures 10 et 11);
  11. Réaliser une dénivellation au sommet  sans incorporer des branches soit sous forme cylindrique ou rectangulaire ;
  12. Fermer étanchement les ouvertures aménagées à l’aide de la terre battue et de récipients cylindriques ou boîtes de conserve de 15 cm de diamètre et 10 cm de hauteur communément utilisés dans le commerce pour la conservation et la vente de tomate en pâte (Figure 12);
  13. Crépir enfin le grenier à l’aide d’un mélange de cendres de feu de bois et d’eau (Figure 13).

Figures 2 à 7 : Etapes de la mise en place et de la construction des greniers améliorés à l’aide de la terre battue. 

Figures 8 à 13 : Etapes de la construction des greniers améliorés à l’aide de la terre battue. Les greniers de la photo ont une capacité de 2 tonnes

3. Préparation des biopesticides et du maïs pour la mise en stockage du maïs dans le grenier amélioré

1.    Récolter et faire sécher les feuilles de thé de savane (Lippia multiflora) et de sosso tanan (Hyptis suaveolens) à l’ombre, à l’abri de la lumière du soleil, pendant une semaine. L’effritement des feuilles dans la paume de la main après une pression, indique un bon séchage des feuilles (arrêt de séchage) (Figures 14 et 15). 

Figures 14 et 15 : Feuilles fraîches (14a et 15a) et séchées (14b et 15b) de thé de savane et de sosso tanan utilisées comme des biopesticides dans la conservation de maïs en grenier.

2.   S’assurer que le maïs en épis ou en grains est bien sec et propre en enlevant tous les débris animaux et végétaux présents. Les grains de maïs secs sont reconnus par leurs aspects durs, vitreux et résistants à l'éraflure de l'ongle. Aussi, les producteurs regroupés en coopérative ont recours à l’utilisation de l’humidimètre. En outre, le test du sel pourrait être utilisé tel que recommandé par certains auteurs (voir annexe);

3.   Utiliser 5% des biopesticides (mélange des feuilles séchés à part égale, soit 2,5% de la masse de chaque feuille de thé de savane et de sosso tanan) avec le maïs en épis ou en grains (soit 5 kg de biopesticides pour 100 kg de maïs en épis ou en grains);

4.   Remplir progressivement le grenier de manière stratifiée par alternance de couches des biopesticides de 5 cm d’épaisseur et du maïs en épis ou en grains de 10 à 15 cm d’épaisseur;

5.   La première couche du fond du grenier et la couche du haut sont formés des biopesticides ;

6.   Mettre ensuite une bâche étanche en polyéthylène à la surface des greniers pour une fermeture hermétique à l’aide d’une corde ;

7.   Fabriquer la coiffe conique en paille à l’aide de petites branches, de pailles et de fils en nylon ;

8.   Poser simplement soit la coiffe conique en paille ou les feuilles de palmier à huile (Elaeis guineensis) sur la bâche pour protéger son étanchéité.

Figure 16 : Construction de la coiffe conique en paille

Figure 17 : Remplissage du grenier du maïs en grains additionnés du mélange des feuilles de thé de savane (L. multiflora) et de sosso tanan (H. suaveolens)

Figure 18 : Remplissage du grenier amélioré du maïs en épis additionnés du mélange des feuilles de thé de savane (L. multiflora) et de sosso tanan (H. suaveolens)

Figure 19 : Fermeture hermétique du grenier à l’aide d’une bâche en polyéthylène et pose de la coiffe conique en paille

Figure 20 : Fermeture hermétique du grenier à l’aide d’une bâche en polyéthylène et pose de la toiture en feuilles de palmier à huile 

4. Maintenance du grenier et durée de vie du dispositif

Jusqu’à 10 ans si bien maintenus. La maintenance consiste à des opérations de crépissage du grenier pour renforcer les parois à l’aide de terre battue et de cendres et aussi à remplacer les feuilles de palmier à huile si elles viennent à sécher.

5. Performances de la technologie

La conservation du maïs (en grains ou épis) stocké dans un grenier additionné du mélange des feuilles de thé de savane et de sosso tanan comme décrit ci-dessus peut durer jusqu'à 6 mois. Il est important pour ce faire que de s’assurer de la fermeture hermétique du grenier. Pour se faire, il faut enduire de terre argileuse les ouvertures de vidange après les avoir bouchées avec les récipients cylindriques et refaire la même chose après chaque opération de vidange.

6. Coût indicatif de la main d’œuvre et des équipements       

Le coût approximatif pour la construction d’un grenier d’une capacité de 2 tonnes au moment du projet en 2014 était de 55.000 à 60.000 F CFA soit 84 à 92 Euros. Le prix comprend les matériaux de construction et la main d’œuvre.

7. Utilisateurs du dispositif

Cette technique peut être appliquée par des producteurs et coopératives agricoles.

8. Produits stockés et destination du produit stocké

Destinés aux céréales pour consommation humaine, semences et commercialisation.

9. Avantages et inconvénients du grenier et des feuilles des plantes utilisées comme biopesticides

9.1. Facteurs favorables :

  • Améliore la conservation et la qualité marchande, nutritive et hygiénique du maïs ;
  • Protège contre les insectes, les moisissures, les animaux domestiques et les rongeurs ;
  • Empêche l’utilisation de produits chimiques qui puissent laisser des résidus sur le maïs.

9.2. Facteurs défavorables :

  • Exigeant en effort de travail pour la construction du grenier, de la coiffe en paille et de la collecte des plantes de thé de savane (L. multiflora) et de sosso tanan (H. suaveolens).

 

 

Annexe:    Méthode pratique de détermination de la bonne teneur en humidité des grains de maïs 
 
Une approche plus un objectif est d'utiliser la «méthode du sel», c'est rapide et facile, et indique si le grain est supérieur ou inférieur à 15% de l'humidité. Le sel sec absorbe l'humidité du grain. Ce principe peut être utilisé pour un échantillon de grain et une teneur en humidité supérieure ou inférieure à 15%.
 
Matériaux nécessaires :
- Une bouteille de verre propre et sec d'environ 750 ml de capacité, avec un capuchon qui la rend étanche à l'air
- Du sel de cuisine très fin 
 
Mode opératoire :
S’assurer d’abord que le sel est bien sec. Exposer le sel fin en plein soleil en une couche mince sur un film plastique pendant 3 à 4 heures tout en veillant à le retourner/mélanger de temps en temps. On peut aussi le sécher rapidement à l’aide d’un four approprié. Stocker le sel sec dans un récipient scellé jusqu’à l’utilisation.
 
1. Remplir un tiers de la bouteille sèche avec l'échantillon de grain (250 g à 300 g)
2. Ajouter 2 ou 3 cuillères à soupe de sel fin et sec (20 g ou 30 g)
3. Fermez étanchement la bouteille avec son capuchon
4. Secouez vigoureusement la bouteille pendant 1 minute
5. Laissez la bouteille reposer pendant 15 minutes
 
Si, après 15 minutes, le sel colle sur les parois internes de la bouteille, la teneur en humidité du grain est supérieure à 15% et n'est pas apte au stockage et nécessite un séchage suffisant. Si le sel ne colle pas à la bouteille, la teneur en humidité est inférieure à 15% et est donc sûre pour le stockage.
 

Validation

1. Site d’étude

L’étude a été réalisée sur deux sites que sont le village de Djédou et le campement de N’godrjénouà 4 kilomètres du village de Djédou. Ces deux sites sont situés dans le département de Botro, région du Gbêkê, entre 7°50’ de latitude nord et 5°18’ de longitude ouest, à 40 kilomètres de la ville Bouaké au centre de la Côte d'Ivoire. Cette zone bénéficie d’un climat tropical humide avec 4 saisons, dont 2 saisons des pluies allant de mars à juin et de septembre à octobre avec des précipitations annuelles moyennes variant entre de 1000 et 1100 millimètres. Celles-ci sont intersectées de 2 saisons sèches qui vont de novembre à février et de juillet à août. Les températures moyennes enregistrées varient entre 21,4°C et 30,6°C pour une hygrométrie de 75% à 80%.

2. Mise en œuvre de la méthode de stockage du maïs dans les greniers

Cette étude a été réalisée en étroite collaboration avec les producteurs de la coopérative jeune du village de Djédou en vue de renforcer leurs capacités à accroître la productivité et les revenus à un faible coût, de manière durable et en utilisant des méthodes respectueuses de l'environnement. Ce site a été choisi parce que facile d’accès, mais aussi par le fait que les producteurs affichaient leur volonté et disponibilité à collaborer. 

 

La réalisation de cette fiche technique a été effectuée par le Laboratoire de Biochimie et Sciences des Aliments (LaBSA) de l’Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY de Côte d’Ivoire avec le financement de la Banque Mondiale à travers le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP) coordonné par le Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles (FIRCA).

Plus d'informations

1- NIAMKETCHI L., CHATIGRE O., AMANE D., NYAMIEN Y., N’TCHOBO F., EZOUA P., KOUAME D., BIEGO H. (2015). Descriptive Study of Maize Storage Methods (Zea Mays) Used in Rural Environment in Three Zones of Côte d’Ivoire. Global Advanced Research Journal of Agricultural Science, 4: 663-672;
2-NIAMKETCHI L., BIEGO H., CHATIGRE O., AMANE D., KOIFFI E., ADIMA A. (2015). Optimization of Post-Harvest Maize Storage using Biopesticides in Granaries in Rural Environment of Côte d’Ivoire. International Journal of Science and Research, 4: 1727-1736;
3- NIAMKETCHI L., CHATIGRE O., KONAN Y., BIEGO H. (2016). Nutritive compounds evolution of postharvest maize (Zea mays L.) stored in granaries with biopesticides from rural conditions in Côte d’Ivoire. International Journal of Innovative Research in Technology & Science, 4: 50-64;
4- NIAMKETCHI L., BIEGO H., SIDIBE D., COULIBALY A., KONAN Y., CHATIGRE O. (2016). Changes in Aflatoxins Contents of the Maize (Zea Mays L.) Stored in Clay Granaries with use of Biopesticides from Rural Conditions and Estimation of their Intake. International Journal of Environmental & Agriculture Research, 2: 198-211;
5- NIAMKETCHI L., CHATIGRE O., COULIBALY A., KONAN Y., BIEGO H. (2016). Changes in the Quality of Maize (Zea mays L.) Post-Harvest Stored in Granaries with the Biopesticides from Rural Conditions in Côte d’Ivoire. Global Journal of Biology, Agriculture & Health Sciences, 5: 74-87;
6- NIAMKETCHI L., KONAN Y., AMANE D., SIDIBE D., COULIBALY A., CHATIGRE O., BIEGO H. (2016). Evolution of ochratoxin A, fuminosin B1 and zearalenone contents during maize (Zea mays L.) stored in clay granaries with use of biopesticides from rural conditions and estimating of the daily intake in the Ivorian adult. International Journal of Current Research, 8: 33133-33145.

Pays

Côte d'Ivoire

Date de création

ven, 27/10/2017 - 18:44

Source

Le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP)

Le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP) est un programme initié par la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec l’appui financier de la Banque Mondiale.

Il a pour objectif d’améliorer la productivité agricole tout contribuant à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté dans 13 pays d’Afrique de l’Ouest. En Côte d’Ivoire, la mise en œuvre du projet sur la période de 2011- 2016, a permis de mettre à la disposition de 783 200 bénéficiaires dont 49% de femmes, 40 technologies agricoles améliorant la productivité de 15 à 150% dans 7 spéculations prioritaires (Banane Plantain, manioc, igname, maïs, riz, volaille traditionnelle et porc)

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Jean Paul LORNG, Coordonnateur Adjoint du PPAAO/WAAPP
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