Méthode pour déterminer le taux de varroas sur le terrain

Résumé

Dans de nombreux pays, l’apiculture est conditionnée par la présence de l’acarien Varroa. Le parasite a été la cause de nombreuses pertes économiques dans le milieu apicole. A l’aide de différentes méthodes et principes actifs, les apiculteurs cherchent à maintenir un niveau faible de varroa dans leurs colonies. Parmi les méthodes utilisées, on retrouve entre autres la sélection de lignées plus hygiéniques, l’utilisation de médicaments et les méthodes prophylactiques. Afin de savoir s’il faut prendre des mesures pour lutter contre le varroa et quelles mesures choisir, il faut réaliser un échantillonnage, afin de quantifier la présence du parasite dans la colonie. Dans cette fiche nous allons décrire deux voies à prendre pour mesurer, sur le terrain, la quantité de varroas adultes présents dans les colonies.

Description

L’acarien varroa touche les abeilles à tous les stades de développement et les trois castes (reine, ouvrières et faux bourdon).
La varroase est une parasitose répandue qui a généré de nombreuses pertes chez les producteurs et dans tous les services qui découlent de l’apiculture. 
L’acarien possède une caractéristique qui le rend plus nocif pour les abeilles du genre Apis mellifera, car il a la capacité de se développer aussi bien dans les cellules des faux bourdons que celles des larves ouvrières. Avec Apis cerana (originaire d’Asie), par contre,  il ne se développe que dans les cellules des mâles, parce que la cellule de l’ouvrière est plus petite et le cycle de développement de l’ouvrière est plus court ce qui  ne permet pas à l’acarien de terminer son développement. 
 
Etant donné que le Varroa est un parasite ayant des impacts négatifs sur l’exploitation apicole, il est important de réaliser un diagnostic précoce du niveau d’infestation du rucher. Plus tôt on constate une infestation, plus tôt on peut prendre des mesures, car le varroa se multiplie très rapidement. Certains apiculteurs expérimentés peuvent constater que leur colonie est affectée par le varroa : en observant les ouvrières qui entrent dans la ruche avec un acarien sur le corps, en inspectant les abeilles récemment nées (photo 1) et  également en observant les ouvrières qui ouvrent les cellules du couvain infestées par varroa. Ces différentes méthodes d’identification de la présence du varroa sont des méthodes non invasives qui n’ont pas d’impact sur la colonie car elles ne provoquent pas de pertes d’abeilles. 
 
  

   

Photo 1: Abeille nourrice récemment née infestée par le varroa, et qui présente les signes du virus des ailes déformées transmis par cet acarien. 

    

Photo 2: Trois abeilles sur la planche d’envol qui sont parasitées par le varroa. Abeille 1 : le varroa se trouve entre les plaques dorsales de l’abdomen, abeille 2 : le varroa est sur le thorax et l’abeille 3 : le varroa est sur une plaque dorsale de l’abdomen.

Mais dans la majorité des cas, ces méthodes d’observations n’apporte pas une vue global et réel  du niveau de propagation de varroa. En effet le Varroa femelle n’est pas toujours visible dans sa forme adulte sur son hôte, elle se trouve parfois durant une grande partie de son cycle sur les plis ventraux des abeilles. Si cela arrive et que le diagnostic et les méthodes de contrôle ne sont pas adéquats, la colonie risque de mourir  à cause de l’effet parasitaire de varroa ou par une maladie transmise par le Varroa. En effet,  des abeilles continuellement affaiblie et stressée par ce parasite suceur d’hémolymphe sont très sensibles aux autres maladies. Il est donc capital de quantifier le niveau de propagation du parasite (c.à.d. nombre de varroas dans la ruche) de manière objective, pour pouvoir prendre des mesures avant que les varroas n’aient atteint un nombre qui entraine des dommages considérables et irréversibles à la colonie.
 
Dans cette fiche, deux pratiques sont détaillées  pour quantifier le taux d’infestation de varroas : la méthode à double tamis et la méthode avec du sucre impalpable. Le récultat obtenu permet à l‘apiculteur de décider s’il faut intervenir pour diminuer la quantité de varroas afin de limiter la pression ou pas. Les protocoles expliqués  sont réalisés à partir d’échantillons d’environ 100 abeilles par colonie et donnent des informations sur le degré d’infestation de varroa adultes d’une ruche.
 
Les deux types d’échantillonnages sont représentatifs quand  il n’y a pas beaucoup de couvain ou pas de couvain du tout (en automne ou en hiver : dans les pays où il y a une période d’hivernage de 3 à 5 mois). S’il y a du couvain par contre, l’échantillonnage des abeilles adultes doit être combiné avec une inspection du  couvain de faux bourdons operculé, ou en absence de couvain de faux bourdons, de couvain d’abeilles ouvrières operculé. Lorsqu’il y a du couvain, un échantillonnage sur les abeilles adultes uniquement ne donnera pas un aperçu correct du niveau de propagation de varroa dans la ruche.      
 
Pour mesurer le nombre de varroas dans le couvain operculé, choisissez du couvain operculé avec des abeilles déjà bien développées, ouvrez les cellules et enlevez la larve. Observez s’il y a des varroas sur la larve.  Regardez également dans la cellule de laquelle vous avez enlevé la larve s’il y a des varroas dans la cellule ou des restes/excréments de varroa (résidus blancs collés aux parois de la cellule).  En règle générale, pour chaque varroa qu’on voit sur une abeille, il y en a 3 dans les cellules de couvain d’abeilles ouvrières operculés et 10 dans du couvain de faux bourdon operculé. Si on ne trouve pas de varroas sur le couvain male, il est très probable que la colonie ne soit peu ou pas parasitée.  Une intervention pour maintenir le taux de propagation de varroa est nécessaire si 10% du couvain de faux bourdons extrait est infesté tandis que pour le couvain d’ouvrières si on dépasse le 20% de couvain infesté on doit prendre des mesures pour diminuer le taux de varroas.
 
1 – Méthode du double Tamis
 
Cette méthode du double Tamis est largement utilisée par les apiculteurs dans le monde. Cette technique consiste à obtenir au moins 100 abeilles de trois cadres centraux du corps de ruche (attention à ne pas enlever la reine), où se trouvent les jeunes abeilles, en l’occurrence les plus parasitées. Cet échantillon se dépose dans un flacon contenant de l’alcool pur (90°) dilué avec 50% d’eau ou d’eau savonneuse. Une mesure de 200ml nous indique que l’on a approximativement 100 abeilles.
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 3: Flacon avec de l’alcool et les abeilles.

Pour faire tomber les abeilles dans le flacon d’alcool, il faut passer le bord de celui-ci de haut en bas sur la partie dorsal des abeilles(photo 8), de cette manière, elles ne sont pas nerveuses et tombent passivement dans le flacon, où elles meurent au contact de l’alcool. Après l’obtention de l’échantillon, il faut transvaser le tout dans une boîte de capacité de 1 kg contenant une solution savonneuse (400ml) où on agite les abeilles pour décoller tous les varroas. 

   

Photo 4: Un varroa entre les abeilles d’un échantillon.  Les abeilles séparées des varroas par une passoire (double tamis)

Ensuite les abeilles doivent être filtrées par un double tamis. Ce dernier se présente comme un flacon ou récipient ouvert à une extrémité et présentant un double filtre à l’autre. Le premier filtre empêche les abeilles de passer (un filet avec des trous de 1 mm maximum) et laisse passer les varroas, le second tamis empêche les varroas de passer et laisse passer l’eau savonneuse et l’alcool (ça peut être un tissu blanc).

 

Foto 5: 1) Frasco con alcohol, 2) frascos con abejas (registro de apicultor, fecha, apiario y cajón), 3) frasco cortado con doble tamiz

La quantité de varroas doit être multipliée par 100 et divisée par le nombre d’abeilles obtenues dans l’échantillon.  
 
                               Nombre de varroas x 100
% d’infestation = --------------------------------------
                                  Nombre d’abeilles
 
Si le pourcentage est supérieur à 3 ou 5%, il est opportun de procéder à un traitement anti-varroa adéquat.  Une fois le traitement fait, il faut remesurer le taux d’infestation de varroas pour évaluer l’efficacité de la méthode ou du traitement effectué pour le contrôle.  

 Photo 6: 1) Double tamis, 2) Vue supérieure du double tamis, 3) Abeilles mortes retenues dans la première partie du tamis, 4) Deux varroas retenus par le tissu

 
2 – Méthode avec du sucre impalpable
 
La méthode de récolte de l’échantillon d’abeilles est la même que précédemment, mais le flacon utilisé est vide, sans alcool. Après avoir récolté au moins 100 abeilles, on ferme le récipient avec un couvercle modifié. Ce dernier un trou en son centre avec une maille qui ne laisse pas passer les abeilles (photo 7).
 

Photo 7 : 1) Flacon utilisé pour l’échantillonnage d’abeilles avec la méthode de sucre impalpable, avec un couvercle modifié ; 2) un marqueur et une seringue pour prélever 200ml ; 3) ajouter 200ml d’eau pour créer une marque ; 4) Marquer le récipient à 200ml ; 5) récipient prêt pour accueillir 100 abeilles.
 
Une fois l’échantillon de jeunes abeilles pris de  3 cadres centraux, on introduit à travers le couvercle une cuillère à soupe de sucre impalpable (environs 8g), on secoue ensuite le tout pendant 20 secondes pour que les abeilles soient bien couvertes de sucre. On laisse reposer le récipient pendant une minute pour que les varroas se détachent des abeilles. On retourne le bocal pour que la grille du couvercle se retrouve en bas et que le sucre et les varroas tombent. 
 

 

Photo 8: Capture des abeilles
 
On attend encore 10 minutes et puis on remet les abeilles dans la ruche  où on les a prises. Ces dernières vont être nettoyées par leurs congénères.
 

Photo 9: 1) Abeilles capturées dans le récipient avec couverture grillé, 2) incorporation du sucre impalpable, 3) abeilles se poudrant de sucre, 4)secouage du récipient pour bien mélanger les abeilles et le sucre impalpable, 5) récipient retourné pour faire tomber le sucre et les varroas, 6) abeilles dans le récipient, juste avant de les remettre dans la colonie, 7) abeilles remises à leur colonie, 8) varroas tombés avec le sucre
 
Le dénombrement de varroas se réalise comme indiqué dans la première méthode. On fait tomber le sucre et les varroas sur un  carton blanc, ou bien on met les varroas et le sucre dans un tamis et on passe de l’eau salée à travers le tamis pour enlever les cristaux de sucre, et ainsi ne récolter que les varroas dans le tamis.
 
Il est indispensable de faire un échantillonnage d’abeilles pour constater le taux de propagation de varroa dans des endroits avec saisons climatiques marquées), juste avant l’arrivée du printemps (redémarrage de la ponte) et après la récolte de miel, car ce sont ces moments de changement dans la ruche ou le varroa se renforce et où ce dernier se répand entre les colonies. Il est toujours bon de s’informer auprès des techniciens/vétérinaires et d’apiculteurs voisins sur le taux d’infestations qu’ils constatent dans leurs ruchers. C’est un autre moyen de confirmer les observations faites dans son rucher et ainsi on peut coordonner les activités de lutte contre le varroa et augmenter l’impact des traitements de lutte contre le varroa. 
 

Catégorie

Pays

Chile

Date de création

ven, 01/09/2017 - 12:30

Source

Inversiones de la Red Apícola de Chile (IRACH)

Inversiones de la Red Apícola de Chile es el brazo comercial de la Red Apícola Nacional, la cual es una organización gremial de expresión regional, nacional e internacional que está conformada por 10 asociaciones apícolas gremiales. Representa mayoritariamente a pequeños productores apícolas del país, con la misión de impulsar a la pequeña y mediana apicultura como un actor relevante en la cadena.  La red es conocida como una organización activa que se desenvuelve en el ambiente con el intercambio de información, además de capacitaciones y articulando las diferentes organizaciones regionales con las entidades públicas y privadas del país.

 

Contacts: 
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Marcelo Rodríguez
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Country: 
Chile

The Beekeeping Network North-South (BNNS)

The Beekeeping Network North-South (BNNS) is a network of beekeeping experts representatives of beekeeping and development organizations that are committed to promoting the role of beekeeping as a development tool. It's one of the results of the seminar on beekeeping and development in Brussels in March 2010 initiate by the Miel Maya Honing (Belgium) and Apiflordev (France) organizations, which brought together 80 people from 14 different countries."

 

Le réseau BNNS est un réseau d'experts, de représentants de l'apiculture et d'organisations de développement qui se sont engagés à promouvoir le rôle de l'apiculture comme outil de développement. Cette initiative est un des résultats du Séminaire sur l'apiculture et le développement organisé à Bruxelles en mars 2010 à l'initiative des organisations Miel Maya Honing (Belgique) et Apiflordev (France) et qui a rassemblé 80 personnes de 14 pays différents.

 

 

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Benoit Oliver
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