Fabrication d’une ruche traditionnelle Rwandaise longiforme

Résumé

Le Rwanda possède un climat favorable, une flore mellifère riche et variée propice au développement de l’apiculture. La présente fiche explique comment construire une ruche modèle traditionnelle qui se compose d’un cylindre allongé fabriqué avec des tiges de Pennisetum (Urubingo), de bamboo ou de papyrus. Ce modèle longiforme est très adapté à la région, facile à reproduire et à vulgariser chez les petits producteurs souhaitant se lancer dans l’apiculture traditionnelle. De plus, elle demande peu d’investissement financier car elle est fabriquée à base de matériaux naturels disponible localement. Cette technologie est également disponible en format pdf.

Description

1.     Introduction

Le Rwanda possède un climat favorable, une flore mellifère riche et variée propice au développement de l’apiculture. On y rencontre l’abeille (Inzuki) Apis mellifica adansonii bien adaptée aux conditions environnementales.

L’apiculture traditionnelle est la plus répandue et principalement pratiquée par des apiculteurs (Abavumvu)  individuels. On retrouve également l’apiculture dite moderne pratiquée par des apiculteurs regroupés en coopératives et utilisant des ruches de type Langstoth et également de type Kényane (ruche dite intermédiaire).

Nous allons ici nous attarder sur le modèle traditionnel le plus répandu au sein de la population. Les ruches sont de formes cylindriques et allongées, fabriquées avec des tiges de Pennisetum (Urubingo), de bambou ou de papyrus. L’une des extrémités de la ruche est percée de 1 à 3 trous pour l’entrée des abeilles (trous de vol) et l’autre extrémité est une porte amovible permettant d’observer  la colonie et de récolter le miel que les abeilles stockent dans le fond de la ruche. Il existe également un modèle de ruche entièrement en bois construit en creusant un tronc d’arbre, mais celui-ci est très localisé et beaucoup moins utilisé.

Il existe deux périodes de miellées (période d’élaboration du miel par les abeilles) : de janvier à mars et de juin à octobre. La principale récolte du miel s’effectue du mois d’août à octobre. Pendant la saison des pluies, les abeilles consomment le miel produit pendant la période des miellées.

2.     Fabrication d’une ruche cylindrique traditionnelle

Matériel :

-       Une quinzaine de tiges de bois d’environ 2cm de diamètre et 1m50 de longueur (eucalyptus, bambou,…)

-       Tiges de Pennisetum (Urubingo)

-       Eau

-       Terre

-       Bouse de vache

-       Feuilles de bananiers semi-séchées (encore souples)

-       5 à 6 Planchettes en bois de 30 à 40 cm de long à retailler en fonction du diamètre de la ruche atteint (voir figures 4, 5, 6)

-       Cordage (feuilles de bananier ou autre)

Etape par étape :

-       Planter  la quinzaine de tiges en bois d’environ 2cm de diamètre, dans le sol en formant un cercle ;

-       Briser des tiges de Pennisetum en deux et les intercaler entre les tiges d’Eucalyptus, jusqu’à atteindre une hauteur d’environ 1 mètre (selon la longueur de la ruche souhaitée). Ceci permet de former un tressage solide ;

   

 Figure 1; 2 ; 3: Séparation d'une tige de pennisetum en 2 après l'avoir  brisée avec une brique et tressage du corps de la ruche   

-       Fermer le premier coté avec les planchettes correctement redimensionnées à la machette. Celles-ci peuvent être fixées à l’aide de tiges d’arbre et d’un système de cordage, comme illustré ci-dessous. Dans ce cas-ci des planches en bois ont été fixée mais d’autres matériaux peuvent être utilisés type bambou, etc. Veiller à bien laisser un ou deux trous de vol d’environ deux centimètres de diamètre. Ce côté restera toujours fermé;

   

Figure 4, 5, 6 : Fermeture de la ruche, coté trou de vol et redimensionnement des planchettes en bois à la machette

-       Couper les tiges dépassant la longueur de la ruche et nettoyer grossièrement la structure externe en couper les bouts de bois et échardes qui dépassent (figure 7).

-       Recouvrir la ruche d’une couche d’un mélange de bouse de vache et de terre et d’eau  (figure 8). Le mélange doit former une pâte facile à appliquer mais pas trop liquide au risque que la couche se craquèle en séchant. Cette couche permet d’une part de boucher toutes les espaces, et de lutter contre les parasites, d’autre part d’isoler la ruche. Plus le mélange contiendra de la terre, plus la ruche sera lourde ce qui est à éviter. Une à deux fines couches sont nécessaires. 

  Figure 7 et 8 : Nettoyage de la stucture extérieure et séchage de la ruche après application des couches de boue/bouse               

Figure 7 et 8 : Nettoyage de la stucture extérieure et séchage de la ruche après application des couches de boue/bouse

-       Une fois séchée, la ruche sera protégée de la pluie par des feuilles de bananiers séchées. Celles-ci sont placées l’une à côté de l’autre dans le sens de la longueur et attachée à l’aide de cordes.

-       Remarque : Au cas où, les feuilles de bananier sont cassantes, trempez les dans de l’eau, elles reprendront leur souplesse.

-       La porte amovible peut ensuite être tressée (comme l’on fabrique un panier en osier) et attachée à l’autre extrémité. Celle-ci peut-être fabriquée en feuilles de bananier ou autres matières locales.

-       L’intérieur de la ruche sera également nettoyé en brûlant les échardes ressortant à l’intérieur de la ruche.

          Figure 9 : Ruche habitée et  installée sur une structure en bois dans un rucher sous-couvert. En plus d'être recouverte par des feuilles de bananier, un sac de riz a été place, ce qui n’est pas utile dans un rucher sous couvert.

Figure 9 : Ruche habitée et  installée sur une structure en bois dans un rucher sous-couvert. En plus d'être recouverte par des feuilles de bananier, un sac de riz a été place, ce qui n’est pas utile dans un rucher sous couvert.

 

3.     Colonisation de la ruche par les abeilles et installation du rucher

Certains apiculteurs enfument l’intérieur de la ruche en maintenant quelque instant, la ruche ouverte au-dessus d’un petit feu de bouse de vache séchée pour attirer les abeilles. Quelques gouttes de cires peuvent également être coulées sur les parois internes de la ruche ainsi qu’au niveau du trou de vol. Les ruches prêtes à être habitées sont installées dans les arbres avec un système de cordage.

Durant la période d’essaimage (mars-avril au Rwanda), il faut peu de temps pour que la ruche soit colonisée. Elle sera redescendue en soirée et finalement placée sur un support en bois et parfois encore protégée par un toit en feuilles de bananier tressées, en paille, en sac plastique ou avec une vieille tôle. Les ruchers sont généralement non clôturés et non couverts.

Pour éviter les vols, certains apiculteurs construisent donc une clôture ou bien ne redescendent les ruches des arbres que pour la récolte.

 

4.     Suivi et récolte du miel

La reine de la colonie va installer son couvain à l’endroit le mieux aéré de la ruche, c’est-à-dire en commençant par le rayon le plus proche du trou de vol et puis en continuant vers les rayons suivant. Le miel et le pollen seront eux stockés en partie au-dessus du couvain et principalement sur les rayons à l’arrière du couvain. Le suivi de la ruche consiste à observer l’évolution de la colonie par la porte de derrière amovible. Seuls les rayons operculés peuvent être récoltés. Ils sont découpés au couteau et extrait de la ruche par la porte de derrière. La technique d’extraction rencontrée qui préserve au mieux la qualité du miel est le pressage des rayons prédécoupés dans une toile. Le miel est ensuite stocké dans des bouteilles ou bidons en plastique propres, prévus à cet effet, bien fermés et à l’abri du soleil. Veillez à la survie de la colonie en ne récoltant pas la totalité des réserves de miel de la colonie.

Pays

Rwanda

Date de création

lun, 16/11/2015 - 15:25

Source

The Beekeeping Network North-South (BNNS)

The Beekeeping Network North-South (BNNS) is a network of beekeeping experts representatives of beekeeping and development organizations that are committed to promoting the role of beekeeping as a development tool. It's one of the results of the seminar on beekeeping and development in Brussels in March 2010 initiate by the Miel Maya Honing (Belgium) and Apiflordev (France) organizations, which brought together 80 people from 14 different countries."

 

Le réseau BNNS est un réseau d'experts, de représentants de l'apiculture et d'organisations de développement qui se sont engagés à promouvoir le rôle de l'apiculture comme outil de développement. Cette initiative est un des résultats du Séminaire sur l'apiculture et le développement organisé à Bruxelles en mars 2010 à l'initiative des organisations Miel Maya Honing (Belgique) et Apiflordev (France) et qui a rassemblé 80 personnes de 14 pays différents.

 

 

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