Comment fabriquer des amorces de cire pour la conduite de ruches à barrettes

Cher(e)s membres du forum,

J'ai l'honneur de vous inviter à participer à la nouvelle discussion modérée "Comment fabriquer des amorces de cire pour la conduite de ruches à barrettes"

Un des avantages de la ruche à barrettes, par rapport aux modèles de ruches traditionnelles à rayons fixes, est que chaque rayon peut–être retiré et manipulé afin de visiter et inspecter correctement la ruche. Il existe plusieurs modèles de ruches à barrettes que je vous invite à découvrir : par exemple la Kenyane (KTBH), la ruche la Grande, la ruche Fonge, etc, possédant chacune leurs propres caractéristiques.

Afin de pouvoir profiter de cet avantage, une étape cruciale de la conduite de la ruche à barrettes sera l’amorçage des barrettes, sur lesquelles les abeilles s'accrochent pour construire leurs rayons de cire.

De nombreux apiculteurs ne pratiquent pas l’amorçage des barrettes ? Pourquoi ? Par manque de temps, de cire de qualité ou encore de connaissances ? C’est pourtant une pratique très simple qui permet d’améliorer grandement la gestion de ces modèles de ruches.

En effet, les rayons construits par les abeilles dans la colonie sont espacés de façon régulière et suivant une règle précise directement liée à la taille des abeilles. Dans une colonie naturelle d’Apis melifera adansonii (race la plus répandue en Afrique) la distance entre l’axe centrale de 2 rayons sera de 32mm (voir exemple l’image ci-dessous qui schématique la distance inter-axe central de 2 barrettes taillées en V). Cela laisse juste suffisamment d’espace entre les rayons pour la circulation des abeilles.

 

Dans une ruche à barrettes, les barrettes sont collées l’une à l’autre pour former un plafond plat (voir photo de gauche ci-dessous). S’il n’y a pas de repère (amorces de cire insérée dans le trait de scie de la barrette ou barrettes taillées en V : voir schéma de droite ci-dessous), les abeilles risquent de construire les rayons à travers plusieurs barrettes, empêchant l’apiculteur de réaliser ses visites de ruche, au risque de casser les rayons de nourriture ou de couvain et ainsi attirer les prédateurs, etc.

                                    

L’amorce est une petite bande de cire d’environ 2 mm d’épaisseur qui est glissée ou collée au centre de chaque barrette de la ruche. Celle-ci permet de guider les abeilles et les obligent à suivre l’amorce pour construire le rayon de façon précise tout au long d’une seule barrette. Ainsi, lorsque l’apiculteur visite ses ruches, il peut soulever les barrettes une par une sans casser l’intégralité de la structure. Cette amorce a aussi l'avantage de créer un lien plus fort à la barrette et de solidifier le futur rayon.

Il existe de nombreuses façons de fabriquer ces amorces, tout dépend de la longueur des barrettes liée au modèle de ruche (la largeur de la ruche), des matériaux disponibles localement, ou encore du temps que l’apiculteur sera prêt à consacrer.

Echangeons ensemble nos expériences sur le sujet ! La discussion sera modérée durant plusieurs mois en fonction des besoins et des échanges.

 

Les sujets à aborder sont :

1. Quelles sont les conditions préalables à la fabrication des amorces de cire?

               a. Que les ruches soient équipées de barrettes en bois de qualité : Comment fabriquez vous vos barrettes et quels sont les points d’attention à retenir.

               b. Avoir de la cire de qualité et en quantité : comment récoltez-vous et purifiez vous la cire en bloc?

2. Fabrication des amorces. Partage d’expérience et de pratiques! Quelles sont les techniques que vous utilisez ? Pouvez-vous décrire et expliquer le matériel que vous utilisez ainsi que les étapes de fabrication des amorces ?

 

Débutons la discussion par la première question : « Quelles sont les conditions préalables à la fabrication des amorces de cire?

 

Au plaisir de vous lire.

Remarques : ces échanges devraient permettre l’amélioration et la publication d’une fiche technique sur le sujet.
 

 

Comentarios

Bonjour, 

Je lance ce premier jet de réflexions, au sujet des barrettes.

Comme il est dit dans le texte d'introduction, la dimension des barrettes est importantes. Ce point d'attention n'est pas toujours facile à satisfaire sous les latitudes où je vis actuellement, alors que nous pouvons facilement nous approvisionner dans des magasains de fourniture de bricolage. Les lattes qui y sont vendues doivent souvent être triées car bon nombre d'entre-elles sont tordues... Dans les pays du Sud, il est certainement encore plus difficile d'avoir des barettes bien régulières. Pour les obtenir, il faudra passer par une scierie, ce qui entrainera des coûts importants pour une apiculture villageoise. De plus, il faudra bien discutter avec les menuisiers qui manipuleront les machines afin d'obtenir des lattes de qualité satisfaisante et régulière.

Si on utilise des bois de récupération, attention de bien s'assurer qu'ils ne soient pas traités.

Un autre point d'attention est lié au fait que le bois absorbe l'humidité, ce qui le fait gonfler... et peut entrainer une variation des dimensions des barrettes.  

L'essence du bois a également son importance. Certains bois (rouges) sont plus stables que d'autres (blancs).

Au-delà des barrettes, il faudrait veiller à ce que le toit de la ruche soit de bonne qualité, car autrement, les écoulements d'eau de pluie auront une influence directe et importante sur les barrettes qui gonfleront.

Salut à tous...

Bonjour à tous,
Les amorces de cire (plates ou gaufrées) sont utilisées pour orienter la construction rectiligne des rayons de cire par des abeilles.
Cependant, pourquoi les utiliser si les barrettes sont construites avec un ressorti donc le bout est d'environ 6mm qui permettra des fixer les rayons de cire ?
Pourquoi déjà les utiliser dans des ruches kenyanes par exemple si on suppose qu'elles ont un coût assez élevé ?
Pourquoi ne pas les utiliser seulement dans des corps de ruches à cadres ?
Je pense que nous devons déjà trouver l'objectif précis de l'utilisation des amorces de cire dans sur les barrettes et non pas sur les cadres,c'est à dire, laisser la cire gaufrée aux ruches à cadres qui seront introduit dans des centrifugeuses.

À bientôt...

Bonjour à tous ! Merci à vous, Daniel et Serge pour votre première intervention. 

Chers lecteurs, si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas une seconde à rejoindre les échanges. Venez poser vos questions et partager votre expérience au sein du forum.

Une condition préalable importante à la conduite d’une ruche à barrettes (et à la fabrication d’amorce de cire) est, comme le dit Daniel, la fabrication de barrettes en bois de qualité et avec des dimensions précises. Il est très important de respecter la largeur des barrettes de 30 à 32 mm (pour les abeilles africaines). 

Les amorces constituent ensuite une aide précieuse. Mais, si vous avez des barrettes de 20mm puis de 30 mm puis de 25 mm, l’une à coté des autres, vous aurez beau mettre des amorces de cire, la colonie s’arrangera pour construire les rayons à distance régulière (correspondant à leur besoin). Vous serez donc bien embêter pour visiter vos ruches avec des rayons construits en diagonale sous plusieurs barrettes !

 

Serge, il est, en effet, important de connaitre les objectifs de l’utilisation des amorces sur barrettes. En plus de guider les abeilles dans la construction de leurs rayons de façon régulière, l’amorce permet de solidifier la base du rayon. Les rayons construits sous des barrettes sont plus fragiles que les rayons construits à l’intérieur des cadres mobiles (ruches à cadres). Ces derniers sont attachés avec des petits pont de cire par les abeilles sur 4 cotés (les côtés du cadre), contrairement aux rayons sur barrettes. Un petit renfort à la base de chaque barrette est donc apprécié.

Les cadres (plus couteux à la fabrication) sont généralement équipés de feuilles de cire entière, tandis que les barrettes n’utilisent qu’une petite amorce de 1 à 2 cm. Le besoin en cire est moins élevé pour des ruches à barrettes que pour des ruches à cadre, ce qui est un avantage.

Très bonne réflexion concernant les barrettes construite en V (ressorti d’environ 6mm) ! Il n’y a pas besoin d’utiliser d’amorce de cire avec ce type de barrette. Je les ai présentées, car certains apiculteurs les utilisent. Elles sont plus compliquées à fabriquer (plus de précision, de technique et de bois). Il est tout de même recommandé de tremper la pointe du ressorti en V, dans de la cire liquide.

Au plaisir de vous lire!

Une seconde condition préalable importante est d'utiliser de la cire traitée. Il ne suffit pas de faire fondre les résidus de cire obtenus après extraction du miel, car elle contient de petits déchets (poussières, les mues des larves d’abeilles, parfois des morceaux d’abeilles,…). Il est donc nécessaire de faire fondre et « purifier » la cire.

  • Comment faites-vous pour traiter et purifiez-vous la cire en bloc? Pouvez-vous nous expliquer étape par étape comment vous faites ? 

Par avance, je vous remercie. Au plaisir de vous lire!

 

chers tous,

je ne sais pas si quelqu'un à une connaissance particulière sur la position  des rayons de miel dans les ruches. j'ai remarqué que dans mon rucher et ceux que je visite dans mon milieu, les rayons a miel sont toujours du côté droit face au trou de vol. cela est vrai pour les ruches à cadre que pour les ruches kheynianes. quelqu'un a t il des expériences avérées sur cela. SI quelqu'un à des pricisions pour les ruches cylindriques en tronc d'arbres evidés et autres qu'ils le partage avec nous. je me dis que les rayons à miel seraient du coté opposé du trou de vol. mais ce n'est pas évident.

Bonjour Félicien,
Déjà, les ruches qui disposent du trou de vol sur les parois antérieures possèdent des barrettes parallèles.
Cette disposition donne du couvain de tous les âges au centre correspondant à l'entrée de la ruche et des rayons à miel évoluant vers les extrémités.
Pour des ruches qui portent le trou de vol sur le côté À où B, la position des barrettes devient perpendiculaire à l'entrée, ce qui formera des rayons de couvain vers le trou de vol et des rayons de miel vers l'arrière de la ruche.
Les ruches traditionnelles cylindriques possèdent des rayons obliques par rapport au trou de vol.
Bien à vous...

Bonjour à tous, Bonjour Elsa, Vous avez si bien fait de ressortir mon intervention sur la question des objectifs de l'utilisation des amorces de cire par chaque apiculteur dans des ruches à barrettes. Déjà, chez nous, au Cameroun, la question de l'utilisation d'un type de ruche particulier concernant le développement de l'apiculture continue à fait couler beaucoup d'encre. Je pense que les apiculteurs ont adopté des attitudes liées au statut même de l'activité en essayant de la catégoriser (apiculture traditionnelle -améliorée -moderne). Je me dis que les utilisateurs des ruches kenyanes par exemple ont accepté le principe simple et de base d'une ruche qui selon eux, ne coûte pas cher, est facile à réaliser. Les barrettes en V ayant un dénivelé de 6mm à mon sens, viennent résoudre ce problème d'adhésion des rayons bâtis sur les barrettes. Je ne suis pas très convaincu que la construction des barrettes en V (chez le menuisier) soit plus complexe et contraignante que la fonte, moulure et gaufrage de cire. Aussi, pour être en cohérence avec nos dimensions, les apiculteurs savent qui'il suffit de passer des règles des bois à la toupie pour obtenir ces formes rectilignes sur nos barrettes. Je pense afin que l'apiculteur qui accepte de prendre la peine de fabriquer des gaufrettes peut déjà s'exercer à l'utilisation des ruches à cadres,c'est dire qu'il rentre progressivement dans l'apiculture moderne. À bientôt !!

Bonjour Serge, 

Je vous remercie de nous donner votre avis sur l'utilisation de ruches à barrettes (utilisant des amorces de cire) ou à cadres (utilisant des feuilles de cire gauffrées). 

La ruche à barrettes est déjà un modèle de ruches modernes parmi d'autres. Le débat autour des modèles de ruche est très intéressant, cependant ce n'est pas le sujet de la discussion. Chaque modèle à ses avantages et ses inconvénients et chaque apiculteur a le droit d'utiliser le modèle de ruche qui lui convient le mieux.

Revenons donc à notre sujet, qui est celui de la fabrication et de l'utilisation d'amorces de cire pour améliorer la conduite de ruche à barrettes.

Si les menuisiers sont bien équipés et formés, ils n'auront pas de problème pour fabriquer des barrettes en forme de V, cependant ce n'est pas le cas de toutes les régions. Il est donc important que chacun choisisse ce qui lui convient le mieux. Finalement, le plus important  n'est pas tellement le choix du modèle de barrettes, mais bien la précision de fabrication et le respect des dimensions (30 à 32 mm de largeur). Claire Clément, qui vient de se joindre à nous pour partager son expérience personnelle, le rappelle aussi dans son intervention.

Bien à vous.

Bonjour à tous,

Je pratique l’apiculture au Sénégal depuis plusieurs années, et je décris mes expériences (apicoles et autres) sur le blog 1 ruche et 3 pintades (http://1ruche3pintades.over-blog.com).

Je possède aujourd’hui une quarantaine de ruches de modèles différents (kenyanes, langstroth et warré), mais je les gère toutes comme des ruches à barrettes. Le système des barrettes est pour moi le plus simple et me convient tout à fait, d’autant plus que dans ma région il est impossible de protéger les rayons de cire de la fausse-teigne. Par contre, comme le souligne Elsa, il est indispensable d’utiliser des amorces de cire. J’ai eu trop souvent le cas de constructions anarchiques à mes débuts, qui sont aujourd’hui moins fréquentes grâce aux amorces. De plus, l’amorce solidifie vraiment le rayon, ce qui n’est pas du luxe lorsqu’il fait 45C à l’ombre en période de récolte du miel ! Enfin, l’odeur de la cire attire les abeilles, ce qui est intéressant lorsque l’on pratique le peuplement naturel (facile en Afrique).

Je me limiterai dans ce message aux conditions préalables évoquées par Elsa.

Mes barrettes sont celle du modèle 1 décrit ci-dessus. Je les fais faire par un menuisier bien équipé. Cela a un coût effectivement, mais je considère qu’il s’agit de l’élément central de la ruche, quelque soit le modèle. Il m’arrive de visiter des ruches d’apiculteurs locaux ayant des ruches peu soignées, et j’avoue que j’apprécie le confort de mes barrettes ! Mais malgré le soin apporté à leur construction, j’ai moi aussi le problème des barrettes parfois tordues et qui gonflent pendant la saison des pluies. Je n’ai pas trouvé de solution a ce problème, qui est très gênant sur les kenyanes à barrettes jointives, car la fermeture de la ruche est alors très difficile et cause la mort de beaucoup d’abeilles (manipulations peu délicates…). Même avec un toit étanche, l’humidité est telle que le bois gonfle de toute manière.

J’ai choisi une largeur de barrette (ou intercadre) de 32-33mm pour les kenyanes, qui semble bien convenir aux Apis mellifere adansonii. Pour les warré et Langstroth, mes barrettes font 2cm de large, et je les espace à l’aide d’une crémaillère en tôle découpée par mes soins. J’ai mesuré à plusieurs reprises des espacements naturels de rayons créés par de jeunes colonies sans aucune contrainte (absence de barrettes), et j’ai toujours trouvé 32mm.

Je m’interroge toutefois sur la largeur inter-cadre pour les rayons de miel, car je trouve souvent des rayons de miel de plus de 33-35mm de large (voir photo ci-dessous). Il m’arrive souvent de trouver dans mes kenyanes des constructions suivant bien les amorces au niveau du couvain, puis des constructions de plus en plus diagonales en allant vers le fond de la ruche, là où est stocké le miel. J’émets l’hypothèse que les abeilles aimeraient un peu plus de place pour stocker le miel et préfèreraient élargir leur distance inter-cadre, quitte à dévier des amorces à partir d’un moment.

Quelqu’un aurait-il testé des barrettes plus larges pour la récolte du miel, soit en deuxième moitié de kenyane, soit dans les hausses de ruches verticales ?

Un dernier point concerne la hauteur de la ruche. Il est vrai que l’amorce de cire aide à solidifier la base du rayon, mais elle ne fait pas tout. J’ai constaté qu’en passant à un modèle de ruche kenyane de 25cm de hauteur (au lieu de 30cm pour mes premiers modèles) je réduisais considérablement les problèmes d’effondrement des rayons. Logique, des rayons plus petits sont plus légers. Pourtant la plupart des plans de ruches kenyanes conservent des hauteurs de 30cm…

Le modèle que j’utilise actuellement est décrit sur le lien suivant : http://1ruche3pintades.over-blog.com/2015/05/ma-ruche-kenyane-ktbh-2e-mo...

En ce qui concerne la cire. Je traite ma propre cire après extraction du miel par broyage et décantation. J’utilise un cérificateur solaire décrit dans le lien suivant (http://1ruche3pintades.over-blog.com/2014/12/mon-cerificateur-solaire-pl...)

Voici ma méthode :

Je place directement les résidus de la décantation dans le bac en inox du cérificateur, qui possède une petite grille d’évacuation en bas.

Je laisse le tout au soleil pendant 2 jours. Les résidus contiennent encore du miel, qui sera séparé de la cire pendant le passage au cérificateur.

Je récupère dans un bol le miel au fond (que j’utilise pour faire mes savons, au pour ma consommation personnelle) et la cire au-dessus.

Cependant la cire n’est pas encore propre (il reste des poches de miel si la fonte se fait à basse température, et d’autres petits résidus). Je la refais donc fondre dans une petite marmite avec de l’eau à une température inférieur à 80C, puis je la filtre avant de la faire refroidir dans un bol en inox.

Je récupère le disque de cire en surface, et je gratte les résidus les plus fins en dessous du disque.

Enfin je refais fondre le disque obtenu au bain-marie et sans eau, pour la couler dans des petits moules à pâtisserie, en prenant soin de laisser un peu décanter afin laisser les dernières impuretés au fond de la casserole.

J’utilise ensuite cette cire pour fabriquer des savons et autres baumes pour la peau. J’avoue que pour les amorces, je ne mets pas autant de soin à éliminer les impuretés, les abeilles ne s’en offusquent pas !

 

 

 

Images: 

salut à tous,  je rejoins un peu les propos de serge qui pense qu'on doit reserver la cire pour les cadres beaucoup plus et pour ceux qui pensent que c'est couteux , je peux leur retorquer que dans tous les cas ils reccupereront l'investissement de la cire sur la production du miel genérée par cet investisement,  bref c'est un peu plus couteux mais plus productif. merci et à bientot

 

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