Débat ouvert sur les méthodes d'extraction du miel : Pressage, égouttage ou centrifugation?

Bonjour à tous,

Les échanges autour des systèmes apicoles utilisant différents modèles de ruches et méthodes d'extractions, à savoir :

  • Les ruches traditionnelles à rayons fixes sans cadres ni barrettes - extraction par égouttage ou pressage ;
  • Les ruches intermédiaires (ou semi-moderne) avec barrettes : du type kenyane (KTBH), ruche « La grande »,… - extraction par égouttage ou pressage ;
  • Les ruches modernes à cadre comprennent un corps de ruche et des hausses à cadre : exemple de la langstroth, dadant,... - extraction par centrifugation,

Succites de nombreux débats.

Le débat sur les méthodes d'extraction du miel a denouveau été soulevé lors de la discussion présentant un modèle de ruche intermédiaire créé au Cameroun : la ruche Fonge. Comme le sujet est régulièrement soulevé, j'ouvre cette discussion afin que nous puissions en échanger librement et que vous puissiez exprimer votre avis personnel dans le respect de chacun.  

N'hésitez pas à partager votre expérience de terrain sur les méthodes d'extraction du miel que vous utilisez

Bien à vous,

Elsa

Comentarios

Bonjour Cécile,
J'ai lu avec beaucoup d'attention votre intervention au sujet de la commercialisation de miel et de son achat dans une boutique.
Permettez moi de vous dire que,au Cameroun,nous sommes dans la génération des apiculteurs qui pensent et proposent que les produits apicoles s'achètent: soit directement chez l'apiculteur, soit dans une boutique apicole spécialisée .Des produits qui seraient soumis aux critères de marchés internationaux,mais aussi aux éléments de traçabilité induits.
Déjà, les produits devraient être pré analysés au Cameroun afin d'éviter ces désagréments.
Autre chose,vous avez parlé des normes européennes, c'est bien,mais sachez que les produits tropicaux en l'occurrence le miel est produit dans les 5 zones agro écologiques du Cameroun, ce qui impose d'avoir un taux d'humidité relatif et variable selon qu'on soit d'une région à une autre à la même période de récolte.
Chez nous au Cameroun, le taux le plus courant est de 18 à 20%, pendant que certains l'exige à 17, un pourcentage correspondant generalement au miel récolté dans de bonnes conditions au Nord du Cameroun grâce certainement à la longueur de la saison sèche.
Effectivement, vous avez raison,la question des normes européennes en lien avec les produits tropicaux se pose.
A bientôt...

Bonjour,

 

Serge vous avez raison et vos écrits apportent de l'eau à mon moulin: J' répète depuis des années que l'apiculture tropicale est différente de l'apiculture des pays Européens, les normes Européennes n'ont rien à voir les  réalités de l'Afrique, d'ailleurs la communauté Européenne n'est pas compétente pour établir les normes du miel venant d'Afrique ce qui n'empêche pas le miel d'Afrique d'être de bonne qualité s'il est récolté correctement. L'apiculture tropicale existe elle n'est pas à inventer, il faut simplement  en faire un livre technique approfondi avec les apiculteurs locaux et des gens qui ont vécu en Afrique et qui l'ont pratiqué durant plusieurs années, le jour où on aura fait cela et bien nous aurons franchi un grand pas.

                                                                                                                                                            J.TURCHET

                                                                                                                                    

Jacques,

Merci pour votre réaction. Je comprends que, selon vous, la CE n’est pas la meilleure instance pour établir des normes du miel venant d’Afrique. Cependant, elle est tout de même en droit d’établir des normes et des règles de contrôle sur les produits qui arrivent sur son territoire. Si le miel ne rentre pas dans les normes européennes, cela ne veut pas dire que la CE estime que le miel est de mauvaise qualité, c’est pourquoi je pense qu’il est important de nuancer ses propos.

​Le problème se pose également pour le miel des abeilles mellipones (et autres abeilles sans dard : stingless bees) qui possède typiquement un taux d'humidité de 21% et ne peut accédé au marché europpéen. Les standards de la UE sont typiques pour le miel Européen et pour Apis mellifera. C'est ainsi que les miels des abeilles A. dorsata ou florea ou cerana (de l’Asie) ne peuvent pas être importés selons la EU. Il faudrait sans doute que ces normes soient revues pour ces espèces d'abeilles.

Faisiez-vous également référance à ce problème Jacques?

Sur le forum apicole anglophone, une discussion qui explique un peu ce problème est en cours : "Let's give a toast for tropical honey". C'est en anglais mais, je vous invite à la consulter.

 

Bonjour Elsa,

 

Oui je suis d'accord sur le principe, la CE a parfaitement le droit d'établir des règles et des contrôles sur les produits venant de l'extérieur pas de problème mais en tenant compte de certains paramètres qui pour l'importation des miels d'Afrique sont une réalité, réalité qui ne signifie pas mauvaise qualité, personnellement je préfère consommer un miel d'Afrique avec une hygrométrie à 19% ou 20%  qui est courante et normale en Afrique qu'un miel qui vient de certains pays avec une hygrométrie plus basse mais rempli de phytosanitaires, de perturbateurs endocriniens et autres poisons du même type. Je  comprends que ma façon de m'exprimer peut choquer certaines personnes, je m'en excuse mais le politiquement correct ce n'est pas pour moi.

Ce que j'ai voulu dire sur la compétence de la CE c'est qu'elle n'est pas compétente pour décider des normes du miel localement en Afrique  sauf bien sur si c'est l'Afrique qui le demande mais ça c'est un autre sujet car les normes peuvent changer d'un pays à un autre en fonction du climat, de la flore et des races d'abeilles comme vous le faite remarquer avec les mélipones encore faut-il savoir si ce miel d'hygrométrie importante se conserve bien ou pas et si le taux de HMF (hydroxyméthylfurfural) qui varie en fonction de l'hygrométrie du miel et de la température de conservation augmente ou pas. La législation Européenne tolère 40 milligrammes d'HMF par kilo de miel mais pour l'Afrique cette norme peut changer en fonction du climat, de la température de conservation du miel, de la flore et des races d'abeilles. N'ayant jamais travaillé avec les méllipones en Afrique je ne peux pas répondre à cette question, je connais les mélipones car j'en ai vu souvent le miel n'est pas mauvais mais je n'en sais pas plus, les Africains qui ont l'habitude de travailler avec en savent plus que moi.

L'apiculture Africaine n'est pas simple car si les bases sont les mêmes  beaucoup de chose peuvent varier d'un pays à un autre car  les différents pays qui forment ce continent sont différents  et les races d'abeilles aussi. Je reste même persuadé qu'il y des races d'abeilles encore inconnues sur ce continent.

Si des apiculteurs Africains ne sont pas d'accord avec mes écrits, ils peuvent me contacter, car je reste ouvert à toutes discussions et toutes remarques, c'est comme cela que les choses avancent, merci d'avance.

 

                                                                                                                                      J.TURCHET

                                                                                                                                                      

Bonjour Cécile, bonjour à tous,

Belle initiative ! Afin que nous puissions mieux vous conseiller pourriez-vous nous communiquer plus de précision sur les résultats de l’analyse et les remarques transmises par le centre d’analyse ? N’hésitez pas à recontacter le centre par téléphone pour demander plus d’explications sur certains résultats, car il est parfois difficile de les comprendre.

En attendant que vous nous transmettiez plus de précision, voici déjà quelques réactions :

       1. Humidité :

18 à 20% d’humidité, c’est parfait ! C’est ce que les normes européennes acceptent  ! Au-dessus de 20 ou 21% que ce soit du miel asiatique, africain, européen,… le miel va fermenter et ne pourra pas être conservé.

Comme dit, Serge, avant exportation, il faudrait que le miel puisse être analysé au pays. Pour le taux d’humidité, c’est facile et c’est déjà pratiqué à la coopérative d’Oku normalement. Les techniciens de la coopérative ont les compétences pour résoudre ce problème (sensibilisation des apiculteurs,… amélioration des conditions d’extraction et de conditionnement, etc).

       2. Le taux de HMF :

La limite est de 40mg pour les miels européens et de 80mg pour les miels tropicaux. Les facteurs d’augmentation du taux de HMF sont principalement ceux-ci :

  • Les conditions de récolte : les apiculteurs non sensibilisés, ou non formés, utilisent beaucoup de fumée lors de la récolte, ce qui échauffe le miel et dégrade ses propriétés. (Dans les cas extrêmes, certains miels contiennent de la cendre dans le fond des pots, mais je ne pense pas que ce soit le cas du miel d’Oku.) De plus, cela donne un goût de fumée parfois très prononcé au miel qui n’est pas très bon pour notre santé, mais qui est très apprécié par certains consommateurs africains.
  • La chaleur et le temps de conservation : le taux de HMF augmentation avec la chaleur et la durée de conservation du miel. Le problème souvent rencontré est que le miel est exposé au bord de la route en plein soleil et dans des magasins à des températures de 25 à 40 degrés ! Alors qu’idéalement il faut conserver le miel à l’abris de la lumière et a une température d’environ 20 degrés si on souhaite le conserver longtemps tout en préservant ses propriétés.

Miel Maya Honing, a réalisé des analyses de miel dans le cadre d’un projet en RDC, ceux-ci avant entre 17 et 18 % d’humidité et entre 5 et 6 mg de HMF ! La seule chose qui aurait pu poser problème est le goût de fumée qui n’est pas apprécié en Europe et une activité enzymatique faible.

L’Afrique produit donc bien du miel d’excellente qualité !! Dans tous les cas, l’offre de miel en Afrique est encore loin de satisfaire la demande locale, c’est pourquoi, une commercialisation entre les différents pays de la région peut-être quelque chose de plus intéressants actuellement pour les coopératives d’apiculteurs, qu'en pensez-vous ?

Au plaisir de vous lire.

 

Comme demandé voici les résultats du miel d'Oku en provenance du cameroun analysé par un laboratoire français. Les résultats sont bien au dessus des normes européennes donc je ne peux pas le commercialiser en France, de même pour le miel de caféier.

Attached files: 

Cécile, Bonjour,

Au vu de votre analyse publiée, votre miel n'est pas aussi mauvais que vous le pensez, le% d'humidité dépasse un peu la norme ce qui est fonction du du climat où vous vous trouvez. Ce miel en question a t-il été récolté en saison sèche ou humide car tout est fonction aussi de ce problème en Afrique que je connais bien pour y avoir été confronté moi même. Quand je vivais en Centrafrique, je ramenais du miel avec une hygrométrie supérieure à la vôtre, j'ai gardé ce miel deux ans dans un bidon étanche et je n'ai pas constaté de fermentation à ma grande surprise d'ailleurs mais vous savez les abeilles sont plus fortes que nous et malgré notre science on n'a pas encore tout découvert de ces insectes qui ont des sécrétions que nous ne connaissons pas et c'est bien comme ça. Si on observait un peu plus  les abeilles dans leur milieux naturel on en apprendrait beaucoup plus. Prenons l'exemple de la gelée royale et de ce fameux facteur R dont nous n'avons toujours pas trouvé la composition exact malgré nos appareils d'analyse ultra sophistiqués ce qui prouve une fois de plus que la nature est plus forte que nous.

Je ne connais pas la quantité de miel que vous disposé mais avec une bonne publicité et de bon emballages, je pense que vous n'aurez pas de difficulté à le commercialiser sur place et dans les pays limitrophes. Vous pouvez aussi investir dans une petite chambre de déshydratation mais ça demande un investissement comme vous savez. Je n'en connais pas assez pour vous donner des conseils sur le sujet, pouvez vous me situer où vous êtes exactement, le nombres de ruches et la quantité de miel que vous récoltez, pouvez vous aussi me donner l'hygrométrie, la température de la période sèche et la période humide. Le miel que vous avez fait analyser était-il stocké depuis longtemps. Quand vous faites la récolte dans quels récipients le stockez vous car il ne faut pas le laisser trop longtemps dans les maturateurs. Si je vous demande tout ça c'est que moi aussi j'ai eu des problèmes en Afrique avec l'apiculture, problèmes que j'ai pu résoudre en partie car ce n'est pas toujours simple. Vous avez aussi des abeilles mélipones et trigones au Cameroun, savez vous que le miel de ces abeilles à des vertus thérapeutiques très intéressantes  et ce miel se vend très cher sur le marché, merci de votre réponse.

                                                                                                                                           

     J.TURCHET

 

 

Bonjour Elsa,
Comme vous le savez,le miel blanc d'Oku a été labellisé pour son caractère particulier et sa couleur.
Cependant, il n'est pas dit qu'il ne dépassera jamais les normes liées au taux d'humidité contribuant à une conservation durable.
Il serait intéressant pour nous,comme l'a demandé Jacques TURCHET,de connaître le type de ruche utilisé ,le niveau technique des apiculteurs de notre soeur Cécile, et bien évidemment, les périodes de récoltes et bien d'autres facteurs.
Cécile doit savoir que les miels mûrs ( récoltés) réussissent à traverser ces barrières que vous appelées " normes(18-20%)", et que les miels non mûrs atteignent même jusqu'à 23-24% d'humidité.
C'est une fois de plus,une raison de continuer à former nos apiculteurs, mais aussi d'échanger dans des plateformes à l'exemple de TECA.
C'est une simple leçon d'apiculture, c'est aussi l'occasion pour nous de penser à continuer de promouvoir l'utilisation des ruches " améliorées " ou dites " modernes " pour éviter des désagréments que certains manipulateurs des ruches traditionnelles subissent.
Je voudrais donc dire à Cécile que lorsque tous les éléments seront réunis, elle aura un " miel d'Oku" ( de son fournisseur), qui respecte les normes..
Bien à vous!!!!

Bonjour, Cécile,

Je suis avec beaucoup d'intérêt votre intervention sur le miel d'Oku,je voudrais vous rappeler comme je l'ai dit la dernière fois que votre miel peut être pré analysé sur place,et déjà, notre comportement de producteurs/consommateurs de miel ne doit pas vous faire conclure qu'un miel produit en Afrique est forcément mauvais lorsqu'il ne respecte les normes européennes, notre ami Jacques Turchet en a d'ailleurs fait la remarque de par tout ce qu'il a énuméré : l'hygrométrie ambiante, les sols,les périodes de récoltes et autres.....
En plus,Cecile,vous parlez des normes européennes, qu'en est'il des normes camerounaises dont les pays est divisé en 5 grandes zones agro écologiques ??
En ma qualité d'apiculteur camerounais,je vous rappelle que les autorités camerounaises ont adopté cette norme sans pouvoir nous prouver et nous dire pourquoi les miels tropicaux de 21,4 % comme le votre sont à jetter à la poubelle.
A bientôt !!!!

Serge , Bonjour,

Votre réponse relative à cécile et à son miel résume le problème. On ne peut pas comparer le climat Africain et Européen, comme on ne peut pas comparer l'apiculture Africaine et Européenne, au risque de me répéter et froisser des personnes, il va quand même falloir que l'on comprenne cette réalité un jour. Je reste persuadé que le miel de Cécile est un bon miel même s'il ne répond pas aux normes Européennes et peut faire le bonheur de beaucoup d'enfants et d'adultes dans le pays, j'approuve votre commentaire. 

                                                                                                                                      J.TURCHET

 

 

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