Sujet de recherche : Contribution a l’inventaire des insectes nuisibles au développement des colonies d’abeilles (apis mellifera, l.) - Plateau de bateke - saison sèche.

Bonjour chers professionnels de l'apiculture, nous avons réalisé un travail précisément au plateau de Batéké qui a consisté à l'inventaire des insectes nuisibles au développement de l'abeille domestique Apis mellifera vivant dans le ruche en saison sèche. Pour ce, dix espèces d'insectes ravageurs ont été identifiés avec des informations sur les dégâts causés dans la ruche.

CONTRIBUTION A L’INVENTAIRE DES INSECTES NUISIBLES AU DEVELOPPEMENT DES COLONIES D’ABEILLES (Apis mellifera, L.) DANS LES RUCHES AU PLATEAU DE BATEKE EN SAISON SECHE.

Résume

 

La présente étude a été menée au plateau de Batéké en RDC dans la ville province de Kinshasa, commune de Maluku. L'objectif principal a consisté à contribuer à la compréhension des relations qui existent entre l'abeille et les autres insectes vivants dans la ruche et qui induisent des nuisances au développement de la colonie d’abeille. Ainsi des fouilles nocturnes et diurnes ont été faites pendant la saison sèche. Ces fouilles ont eu lieu dans cinq ruchers où 60 ruches modernes ont été choisies de manière aléatoire dans le plateau de Batéké et elles ont permis d’inventorier les insectes vivant avec l’abeille dans la ruche, d’identifier leur mode d'alimentation, d’évaluer les produits attaqués dans la ruche et le stade de nuisibilité des insectes ravageurs.

 

De cette étude, il ressort que dix (10) espèces regroupées dans sept (7) familles et six (6) ordres ont été identifiés. Ces espèces sont : Aethina tumida (Murray, 1867), Pheidole sp., Lepisiota capensis (Mayr, 1862), Periplaneta americana (Linnaeus, 1758), Mantis religiosa (Linnaeus, 1758), Achroia grisella (Fabricius, 1794), Galleria mellonella (Linnaeus, 1758), Acherontia atropos (Linnaeus, 1758), Forficula auricularia (Linnaeus, 1758), Coptotermes formosanus (Shiraki, 1909). Nous avons constaté une forte présence des espèces d’insectes nuisibles au niveau du rucher de Mampu  suivi de la CERED et que trois insectes : Aethina tumida (Murray, 1867), Pheidole sp., Lepisiota capensis (Mayr, 1862) ont battu  le record de présence dans les différents ruchers étudiés.  Nous constatons également que le miel, le couvain et le pollen sont fortement attaqués et que les espèces d’insectes se trouvant au dessus des barrettes sont plus attirées par le miel tandis que ceux se trouvant au fond de la ruche par le pollen et le couvain.  Il ressort enfin que certains insectes sont nuisibles uniquement à l’âge adulte comme Mantis religiosa (Linnaeus, 1758) tandis que d’autres sont néfastes à la fois au stade larvaire et adulte comme l’Aethina tumida (Murray, 1867).

 

Mots clés: Inventaire, Abeille domestique, insectes nuisibles, ruche, produits.

 

Actuellement notre travail s’oriente sur le mécanisme de lutte partant des savoir-faires en apiculture africains en général et congolais en particulier. Votre contribution, conseil ou autre, nous sera le bienvenu.

 

Olivier BadibangaChercheur en apiculture congolaisTél. + 243 (0) 81 78 72 906

Comments

Bonjour Elsa,
Bonjour à tous,
1)-J'aimerais savoir :Ya t'il des travaux qui montrent que des ruches exposées au soleil seraient moins infestées par Aethina tumida que celle qui se trouvent dans un couvert humide ?
2)- Les ruches qui sont enfumées régulièrement sont 'elles aussi moins infestées que celles laissées à l'abandon ?.
3)- Les bonnes récoltes sans coulée de miel dans la ruche peuvent elles préserver la ruches de l'annexion des coléoptères ?
Merci de vous lire..
À bientôt !!!

Bonjour Olivier, Bonjour à tous,

J'ai lu des études aux états unis qui parlent de l'exposition des ruches et préconisent effectivement de les placer plutôt au soleil.

Pour Aethina Tumida, aussi appelé PCR (Petit Coléoptère de la ruche), il faut noter qu'il a été identifié en 1867 au Nigeria puis en Afrique du Sud quelques années plus tard dans des ruches.

Il est endémique en Afrique subsaharienne et il semble que l'abeille africaine possède les stratégies de défense suffisantes pour que sa présence ne pose pas un problème majeur aux apiculteurs, ce qui n'est pas le cas en Amérique et en en Europe ou sa présence est très préoccupante.

Les règles pour lutter contre le PCR sont les mêmes que pour de nombreux autre prédateurs :

- colonies fortes

- hygiène et entretien parfait des ruches et du rucher.

 

Pour répondre plus précisément aux trois points soulevés :

1) sans mettre complètement les ruches au soleil, éviter les emplacements complètement ombragés et surtout trop humides qui favorisent l'éclosion des adultes dans le sol sous la ruche.

2) un enfumage régulier est surtout synonime de vistes réguluièreset d'une attention particulière de l'apiculteur à ses colonies, d'ou un meilleur état sanitaire...

3) il est impéraif de ne pas laisser de cire ou de morceau de rayon contenant du miel et/ou du pollen au fond de la ruche car cela faciliterait le développement du PCR car les abeilles ne lutteront pas aussi efficacement que sur une tentative d'invasion sur un rayon en place

merci de vos remarques et compléments

bonjour à tous.
Bonjour Alain Chevalier,
Je suis parfaitement d'accord avec toi sur l'approche préventive de réduction de PCR concernant les points 1-2-3 que t'as évoqué.
Merci d'avoir décrit cela..
À bientôt !!!

Bonjour à tous, 

Merci Alain et Serge pour ces petits trucs et astuces concernant l’exposition des ruches. Les mêmes conclusions reviennent : favoriser et sélectionner les colonies fortes, visites régulières, entretien et hygiène impeccable !

J’aurai prochainement un échange skype avec un expert Italien, Mr Mutinelli. Comme vous le savez sans doute, le petit coléoptère des ruches est arrivé en Europe. A. tumida est en ce moment présent dans le Sud de l’Europe, notamment en Italie où ils mettent un système de surveillance en place pour limiter sa propagation dans les zones où il n’est pas encore présent.

Il est intéressant d’en savoir un petit peu plus les moyens qu’ils utilisent pour diagnostiquer le petit coléoptère des ruches, limiter sa population au sein des ruches, ainsi que sa propagation.

Si vous avez des questions par rapport aux méthodes de diagnostique décrites dans les interventions précédentes ou d’autres, merci de nous les transmettre pour dimanche 4 mars au plus tard, via le forum.

Bien à vous.

Bonjour à tous,

Je reviens vers vous suite à un échange sur A.tumida avec un expert de la santé des abeilles en ITALIE, Mr Franco Mutinelli de l'institu : "Istituto Zooprofilattico Sperimentale delle Venezie". Nous avons parlé des mesures de lutte contre le petit coléoptère des ruches (A. tumida) spécifiques à l'Italie et ensuite des mesures préventives qu'il recommande de manière générale à tous les apiculteurs.

1. Les pratiques appliquées en Italie, ainsi que les exemples qu’il m’a transmis des Etats-Unis, Canada et Australie, ne sont pas d’application, ni applicables en Afrique. Je vais vous les exposés, par curiosité !

Pour rappel A. tumida (Petit coléopère des ruches ou PCR) est un parasite endogène en Afrique, tandis que pour l’Europe, les Etats-Unis et le Canada, il est considéré comme espèce non indigène et exotique. A. tumida été détecté en 2014 dans le Sud de l’Italie et des mesures drastiques ont été prises telles que :

  • Destruction complète de la totalité des colonies d’abeilles au sein du rucher (ruches fermées et matériels brulés une fois les colonies mortes) ;
  • Désinfection du sol (thermique) du rucher ;
  • Aucun mouvement entre apiculteur n’était autorisé entre la zone infectée et non infectée avec un périmètre de sécurité de 20km ;
  • L’Europe avait interdit jusqu’en mars 2017 toute importation de produits de la ruche (miel, pollen, propolis,…) ainsi que de matériel apicole ou d’extraction de cette zone (Sud de l’Italie) vers d’autres pays d’Europe.
  • En Italie, ils ont fait  le choix de ne pas utiliser de produits chimiques car ils ont remarqué que cela ne résolvait pas le problème et que le risque d’affaiblissement des colonies d’abeilles est très élevé (exemple des Etats-Unis).

2. Est-ce que le modèle de ruche (traditionnelle, à barrettes ou à cadres) a un impact sur le taux infestations d’A. tumida ?

Franco, n’a pas de réponse scientifique à cette question. Il est persuadé que ce n’est pas une question de modèle de ruche mais bien une question de race d’abeilles. Les abeilles africaines (adansonii et autres) ont l’habitude de vivre avec ce parasite et ont développé des comportements de défense, d’hygiène qui permet de limiter l’infestation. Si le taux d’infestation de A. tumida devient trop important pour être gérer par la colonie, celle-ci va normalement essaimer et abandonner l’habitat infesté. Ce n’est pas le cas des abeilles Européennes qui essaiment peu et n’ont pas adopté de comportements pouvant limiter le PCR, sans doute pour cela que des mesures aussi durs ont été prises en Italie (citées ci-dessous) (mesures dramatiques pour les apiculteurs qui reçoivent tout de même une indemnisation).

3. Nous avons ensuite échangé sur les mesures préventives qui elles peuvent être pratiquées partout. Franco nous recommande donc :

  • Maintenir uniquement les colonies fortes ;
  • Avoir un rucher homogène (garder les fortes, supprimer les colonies faibles ;
  • Avoir un rucher propre et bien entretenu (couper régulièrement les hautes herbes et branches d’arbre autour des ruches) ;
  • Pour ceux qui utilisent des ruches avec hausses / grenier à miel (ruches Fonge ou ruches à cadres), veillez à ne pas placer la hausse trop tôt ! En effet si les abeilles n’occupent pas l’espace assez rapidement, les espaces vides sont des endroits idéals pour que les PCR puissent se cacher et ne soient pas tout le temps dérangé par les abeilles ;
  • N’abandonné jamais une ruche vide dans la foret ou le rucher (suite à une désertion par exemple), c’est le meilleur moyen pour favoriser le développement et la propagation du PCR (ainsi que d’autres parasites) ;
  • Si A. tumida est présent dans la ruche, réduisez le nombre d’adultes comme vous le pouvez : récolte à la main ou à l’aide de trappes mécaniques (comme celles traduites de Giovanni : voir interventions précédentes) ;
  • En plus des coléoptères adultes, si vous observez, des larves sur plusieurs rayons de miel et/ou de couvain, et que vous pensez que la colonie ne maitrise plus l’infestation  détruisez la colonie (puisque vous ne pourrez de toute façon plus rien en tirer). Par exemple, en brulant tous les rayons. Remarque : il est possible de préserver la reine avec une partie des ouvrières (les butineuses), en provoquant l’essaimage de la colonie.

Suivre ces mesures préventives devrait suffire à limiter le problème lié au petit coléoptère des ruches. N’hésitez pas à partager d’autres informations à ce sujet.

Je propose maintenant de centrer nos interventions suivantes sur les termites. Je souhaite la bienvenue à Pierrot Vincke. Je vous remercie pour vos premières interventions à ce sujet !

Elsa

 

Bonjour à vous membres du «Groupe échange apiculture »,

Premièrement, permettez-moi de me présenter car je suis nouveau dans ce groupe.

Retraité depuis 2011, j’ai suivi de 2013 à 2015, une formation d’apiculture et je suis actuellement agréé comme « Conférencier apicole » en Belgique. Les abeilles m’ont toujours intéressé. Dès les années ’70 et ’80, j’ai été apiculteur amateur en RDC ainsi qu’au Sénégal. J’ai rencontré des « apiculteurs /collecteurs de miel » en Afrique centrale, de l’Est et de l’Ouest.

 

C’est pourquoi je reste sensible aux gestes premiers en apiculture, les gestes de base, ceux que partagent tous les apiculteurs de par le monde.

Je suis Licencié en Zoologie de l’Université Lovanium / Université de Kinshasa, 1971. Mes travaux de recherche ont porté sur les termites supérieurs (Termitidae) africains. Ces travaux ont abouti à la défense d’une thèse de Doctorat en zoologie à l’Université Catholique de Louvain (UCL), 1975. Une part importante de mes recherches a, entre autre, été effectuée sur le plateau des Bateke, RDC, de 1970 à 1974.

Deuxièmement, un rappel sur l’importance des termites dans la biologie des sols tropicaux.

Il existe plus de 2.000 espèces de termites, dont (i) 70%, tropicales et subtropicales, font partie des  termites « Supérieurs », famille des Termitidae, alors que (ii) les 30% restant font partie des termites « Inférieurs » avec 6 familles (Mastotermitidae, Kalotermitidae, Hodotermitidae, Rhinotermitidae, Serritermitidae, Termopsidae).

Lorsque j’ai débuté mes études l’on désignait généralement les termites comme des « insectes nuisibles ». Alors même que des experts de diverses disciplines, chercheurs de terrain, démontraient le rôle essentiel des termites dans les écosystèmes. Les Termitidae ainsi, jouent un rôle primordial dans la genèse des sols tropicaux et subtropicaux et dans l'entretien des complexes argilo-humiques, fondement de la biologie des sols. Ne perdons pas de vue qu’en général, en zones tropicales et subtropicales, les termites sont des espèces clés pour la structure et donc la fertilité des sols en mélangeant sans cesse ses différentes couches. Par leur action ils participent à aérer, humidifier et drainer les sols. Ils libèrent les nutriments. Ils sont des agents de compostage !

Voici un lien vers un article de Supagro - Montpellier sur le rôle pédologique des termites. http://www.supagro.fr/ress-pepites/OrganismesduSol/co/7_rolepedagogique.html

Toisièmement, j’ai toujours rejeté l’usage de pesticides pour se protéger des termites.

Car, ces produits ont trop souvent des effets collatéraux bien plus destructeurs sur l’environnement biologique que sur les dits nuisibles eux-mêmes. A Kinshasa, je veillai à ce que mécaniquement ni les fourmis, ni les termites, ne puissent monter sur les pieds / supports en bois de mes ruches. Pour éviter que des fourmis / des termites n’attaquent mes ruches je faisais reposer les pieds des ruches dans de larges boites de conserves contenant de l’eau régulièrement changée et débarrassée des possibles débris qui constituaient autant de ponts possibles.

Je n'ai jamais eu recours à quelque traitement chimique que ce soit et tout fonctionnait fort bien.

Quatrièmement, pourquoi ne pas éviter autant que possible l’usage du terme d’espèces « nuisibles » pour désigner des espèces d’insectes dont l’importance dans la vie des sols est primordiale.

Dans un post d’Olivier Badibanga, 31/10/2017, il est question d’espèces « nuisibles » : «In reply to: Sujet de recherche : Contribution a l’inventaire des insectes nuisibles au développement des colonies d’abeilles (apis mellifera, l.) - Plateau de Batéké - saison sèche. »,.

Ne serait-il opportun de désigner ces espèces par un terme autre que celui de nuisibles ? Ne serait-il sage de s’inscrire dans une logique plus durable, comme celle de l’agro-écologie par exemple, où la production agricole s’appuie sur une reconstitution d’équilibres biologiques dans les sols ? Pourquoi ne pas désigner ces espèces par un qualificatif plus écologique, mettant en évidence leur rôle biologique dans les écosystèmes ou un trait de leur comportement. Ce faisant, on s’écarte d’une dénomination qui offre « le droit » d’utiliser des moyens de luttes contraignants / violents, non durables, comme l’usage de pesticides par exemple.

Egalement un commentaire sur le Coptotermes formosanus. Termite inférieur, un Rhinotermitidae, ce serait une espèce « invasive » originaire d’Asie. 

Plutôt que de le désigner comme espèce « nuisible » pourquoi ne pas le désigner comme termite sous terrain. Le désigner ainsi donne une indication sur la manière de s’en protéger dans un rucher comme par exemple en veillant à ce que les pieds des ruches soient isolés du sol. L’humidité ascendante dans un pied en bois reposant sur le sol constitue déjà une invitation pour les termites.

Il ne faudrait sûrement pas traiter des ruchers contre des espèces de termites « invasives » au risque de bouleverser l'équilibre biologique des sols en éliminant d'autres espèces de la faune du sol, locales, fort utiles celles-là, dont les autres espèces de termites. Pour information, voici un article avec une carte de la distribution de cette espèce, et soulignant l’inefficacité de la lutte contre cette espèce invasive au moyen de termicides : https://www.cabi.org/isc/datasheet/15284

En conclusion, je préconise une lutte préventive, mécanique, qui empêche l’accès des termites à la ruche et non une élimination chimique au moyen de termicides dans tout le rucher. D’une part, ce serait néfaste aux abeilles et d’autre part ce serait inefficace contre le Coptotermes formosanus tout en étant nuisible pour toutes les autres espèces de termites locales, essentielles pour la vie des sols tropicaux et subtropicaux.

Bien à vous,

Pierre Pol Vincke

Apiculteur, Conférencier apicole,

Docteur en Zoologie (UCL) entomologiste (Termites supérieurs africains – Termitidae)

Bonjour Docteur Pierre Pol Vincke,

Bonjour Alain Chevalier,

Bonjour  Elsa,

Bonjour à tous.

 

Nous nous excusons pour ce long moment de silence suite à l’indisponibilité des moyens de communication au plateau de Batéké.

 

Merci Docteur Pierre Pol Vincke, pour votre intervention qui pose des questions d’actualités ; vos explications le démontre clairement combien louable les rôles des insectes notamment les termites dans le maintien de l’équilibre éco-systémique, très particulièrement pour notre sol tropical en RDC. C’est encore important lorsque vous parlez des effets collatéraux  de tous ces pesticides qui ont engendrés des pertes énormes en termes de biodiversité mais aussi des problèmes de résistance des maladies pour ne citer que ceci.

 

Cependant, notre travail s’inscrit essentiellement dans le cadre de la production animale qui engorge beaucoup d’élément notamment : les intrants, les extrants, les maladies et les parasites... en vue de la bonne maîtrise de la filière apicole dans le plateau de Batéké. Parler des insectes nuisibles n’est pas pour nous dans l’idée de caricaturer ces  insectes comme pour dire uniquement leur rôle ; nous avons considérons comme insecte nuisible dans ce travail, tout insecte, ayant une action néfaste directe ou indirecte sur le développement de la colonie d'abeilles, sur la production apicole, sur la dépréciation de la qualité des produits apicoles, ou entraînant la désertion des ruches et la destruction du matériel apicole. Plus combien louable d’entendre ici qu’un intérêt bénéfique leur soit accorder.

 

S’il a été question de la lutte dans notre intervention passée comme dans nos interventions, les idées convergées beaucoup plus dans la mise en place des mesures prophylactiques et hygiéniques pour stopper soit maîtriser la presse en vue d’un bon rendement.   Pour dire que nous sommes dans votre logique pour une lutte respectant les normes environnementales.

 

Nous sommes tout à faire d’accord pour le changement de la terminologie mais la crainte reste à savoir si nous ne nous écarterons pas de l’idée maitresse.

 

Merci encore une fois de vous lire c’était pour nous un bon complément.

 

Olivier Badibanga

 

 

 

Bonne année et salut à tous,

Je voudrais partir des précieuses informations que Pierre vient de nous donner pour réintégrer le groupe  après une longue période d'absence.  J'ai choisi de ne plus parler "d'insectes nuisibles" puisqu'ils concourrent chacun à sa manière à l'équilibre de l'écosystème. Je vais désormais les appeler "les insectes de ruche". C'est dommage que dans ma recente vidéo sur l'entretien d'un rucher ( https://www.youtube.com/watch?v=HQh7JNBmaW4&index=2&list=PLX4HD4JAGiyNg4... ), je les qualifie de nuisibles. Si les petits coléoptères des ruches (aethina tumida) ne sont pas présentes dans mes ruches ou encore leurs effets, en revanche, les effets des termites sont très  visibles.  Notre enjeu est de trouver des méthodes de traitement des insectes de ruche, respectueuses de la biodiversité et moins contraignante pour l'apiculteur. 

Bien à vous

Inno

Bonjour Monsieur Badibanga,

Merci pour votre réponse.

Je comprends fort bien le thème de vos travaux de recherches dans le cadre de la production animale en vue de la bonne maîtrise de la filière apicole dans le plateau de Batéké.

Je ne puis que vous encourager dans cette voie qui je n’en doute pas offrira des perspectives accrues de développement économique et social.

Je n’ai aucun doute que vous soyez, vous aussi, comme nombre d’agriculteurs / apiculteurs de par le monde, pour une lutte « win – win / gagnant – gagnant » respectant les normes environnementales pour assurer la durabilité des exploitations de production tout en restant en phase avec une compréhension accrue de ce que comprend la durabilité des écosystèmes.

Si je vous comprends bien, vous considérez comme insecte nuisible dans votre travail, tout insecte, ayant une action néfaste directe ou indirecte sur le développement de la colonie d'abeilles, sur la production apicole, sur la dépréciation de la qualité des produits apicoles, ou entraînant la désertion des ruches et la destruction du matériel apicole.

Ce qui est tout-à-fait légitime du point de vue d’un chercheur visant des objectifs de production apicole.

Je ne puis qu’insister une fois de plus sur l’importance qu’il y a, à mes yeux, à vous distancier du terme « nuisible » car il reste trop lourdement chargé d’un passé révolu d’une biodiversité dont, par manque de connaissances, il a été par trop usé et abusé par le passé.

Surtout en ce qui concerne les termites qui, à mon avis, sont à la base de services agro-écosystémiques de types « intrants » comme la stabilité structurale ou la fertilité des sols. Pour s’assurer d’une saine apiculture il faut les intrants que sont les sols structurés et fertiles qui assurent une biodiversité essentielle à l’alimentation des abeilles en nectar, pollen, propolis, eau…

Il est ici question de biodiversité fonctionnelle, élément clé des agro-écosystèmes.

Pour assurer la pérennité de ces agro-écosystèmes, il faut veiller à réduire l’usage de pesticides et privilégier les voies de protections mécaniques ou physiques des ruches et de leurs locataires contre les incursions d’éventuelles espèces opportunistes dommageables.

Peut-être disposez-vous là d’une belle opportunité pour créer un nouveau terme scientifique traduisant avec précision cette ambiguïté de certaines espèces qui, d’une part, sont essentielles du point de vue biologique mais qui, d’autre part, empêchent d’atteindre certains objectifs de production apicole.

Un nouveau terme qui répondrait à la définition d’insectes nuisibles telle que vous l’avez énoncée plus haut mais qui également soulignerait votre préoccupation pour trouver une méthode de prévention moins intrusifs contre ces « pique assiettes » tout en assurant la préservation de la biodiversité pour un développement économique et social durable.

Libre à vous de trouver un autre mot (espèces compétitives, opportunistes, préjudiciables, dommageables…) qui lui aussi, romprait avec le passé tout en répondant aux soucis réels de production vécus par les apiculteurs du Plateau des Batékés.

Un tel mot rendrait service à tous ceux qui, comme vous, sont confrontés avec des objectifs de production qu’ils souhaitent en phase avec des objectifs de développement durable. Un service en ce sens qu’il vous inspirera pour trouver des modes de préventions doux qui n’ont aucun impact négatif sur les équilibres écologiques et sur la biodiversité dont dépend le succès de vos projets apicoles eux-mêmes.

Ce ne sont là que des pistes de réflexions.

Je suis certain qu’avec votre équipe vous trouverez un autre mot ou un autre concept pour décrire ces espèces tout en soulignant, tant pour les apiculteurs que pour la biodiversité l’importance / l’intérêt réciproque de respecter les équilibres naturels. Mot qui soulignera également votre souci de prévention intégrée et durable.

Finalement ne perdons pas de vue que l’essentiel n’est pas tant le mot utilisé que la volonté affichée de promouvoir- ce qui semble votre objectif - un système de production apicole en phase avec les objectifs de durabilité agro-écologiques.

Ce fut un plaisir d’échanger avec vous et d’ainsi me remettre en mémoire de très beaux souvenirs de l’époque où, jeune biologiste, j’effectuais des recherches au Plateau des Batékés.

Bonne continuation dans vos recherches et franc succès à vos initiatives apicoles prometteuses.

Bien à vous,

 

Pierre Pol (Pierrot) Vincke

 

Bonjour Pierre Pol,

Je vous remercie pour votre remise en question du terme « nuisible ». Il est nécessaire d’avoir une vue globale sur notre écosystème qui est complexe et fragile, ainsi que de mieux connaître les interactions et interdépendance de chaque élément qui compose notre environnement, tous étant utiles.

J’apprécie les termes que vous avez partagés « espèces compétitives, opportunistes, préjudiciables, dommageables » et j’invite nos membres, nos apiculteurs à utiliser ces termes, plutôt que celui de « nuisibles ».

Nous nous devons avoir une vue d’ensemble (holistique) et non-linéaire (un problème--> une solution). Lorsqu’un problème survient dans son rucher, celui-ci dépend de multiples facteurs qu’il est nécessaire de considérer. Agir sur ces facteurs ne doit pas avoir de conséquences néfastes sur d’autres éléments, que ce soit sur le court ou le long terme (le sol, les abeilles,...) 

Dans le cadre de cette discussion, les nombreux moyens de luttes préventives citées contre certaines espèces préjudiciables, illustrent bien la diversité des moyens dont les apiculteurs disposent et qui permettent d’assurer la santé des colonies sans effets collatéraux.

Bien à vous.

 

 

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